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lundi 6 novembre 2023

Le repaire des monstres, de Bruce Coville

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Ils sont sept, ils sont jeunes, ils aiment bien se retrouver de temps en temps pour faire des parties de jeux de rôles. L'un d'entre eux, passionné, vient justement d'acquérir un jeu encore inédit, que personne n'a jamais joué. Ils se donnent alors rendez-vous dans une maison inhabitée depuis des lustres pour se mettre dans l'ambiance de ce repaire des monstres.
Mais Gerry Wyman, le maître de jeu, perd le contrôle de la partie et ils se retrouvent tous prisonniers de la maison qu'ils ne pourront quitter que s'ils arrivent à mettre la main sur des objets magiques éparpillés dans la demeure. Ils vont bientôt découvrir qu'ils ont été propulsés dans un monde parallèle, Quarmix, où attendent de vrais sorciers menés par Mornemkull, enfin à deux doigts de pouvoir lever le bannissement qui les retient prisonniers de cette dimension...

J'ai repris le jeu de rôle depuis quelques mois, ce qui a fait que je me suis plongé dans l'un des nombreux livres qui forment les montagnes hallucinantes et qui se languissaient d'être enfin considérés. Et ce livre, ça n'est pas le repaire des monstres, mais le seigneur des anneaux.
Sauf qu'un matin, bim, boum, sans crier gare, une envie soudaine s'est fait ressentir ! Celle de reprendre la lecture de cette (magnifique) collection l'heure de l'angoisse !
Du coup, j'ai trouvé amusant de retourner à cette quête de lire toute la collec' en commençant par cet emblématique repaire des monstres. J'ai donc reposé le seigneur des anneaux...
Ai-je bien fait, amis lecteurs, amies lectrices ? Lisez la suite pour le savoir !
Le début de cette histoire, c'est un peu comme l'Ancien Testament, mais version Harlequin : c'est plein de personnages, qui explique que machin sort avec bidule et que truc est amoureux d'une autre bidule mais n'ose le dire. Alors, bon, il me faut tout de même mitiger le propos, amis lecteurs, amies lectrices. Car là où la bible nous demande la lecture de dizaines de pages, il nous faut ici que trois petites pages. C'est peu. Mais comme ce sont les premières, ben on a presque envie de partir en courant ! Mais encore une fois, c'est bien de ne pas le faire...
Alors, bon, cette reprise ne s'est pas faite en grande pompe. J'aurais pu tomber mieux, comme j'aurais pu tomber bien plus mal (je vous entends au fond, à murmurer John Sinclair, vilains !). Mais avec cette couverture et un sujet pareil, j'étais obligé ! Un tentacule, une épée, des jeunes qui font un jeu de rôle grandeur nature, juste incontournable !
Car la bande d'ados se trouve très vite, à l'initiative du Maître de jeu (appelé plus couramment MJ par les initiés rôlistes), dans une demeure isolée à faire un grandeur nature. Dans la bibliothèque. Parce que toute demeure abandonnée qui se respecte se doit de posséder sa bibliothèque aux rayonnages garnis de vieux livres qui fleurent bon la magie noire (j'aurais d'ailleurs été amusé que les personnages y trouvent le Necronomicon, mais non).
Au début, le MJ, il a juste éparpillé quelques objets dans cette vieille demeure : un bracelet, une épée, un vieux bâton et une canne... et aussi un pouêt-pouêt en forme de pieuvre, pour faire peur (!). Le but de chaque groupe de joueurs étant de retrouver ces objets, car ils sont magiques (hormis le pouêt-pouêt). C'est écrit dans le livre du jeu de rôle.
Sauf que bientôt, la bande de jeunes se retrouve téléportée dans un univers parallèle et de grandeur nature, il passe à Grandeur Réalité. Chacun des personnages détient un pouvoir spécifique que chaque joueur se voit donc maîtriser réellement.
Du coup, de la cave au grenier, ils vont chercher ces objets. Et devront affronter de vrais ennemis, qu'ils sont contraints de vaincre sinon, ben, ils seront maudits.
Parce que ce jeu de rôle inédit, découvert par hasard lors d'un salon, il a été dicté au créateur par de vrais sorciers, bannis sur ce plan parallèle, pour pouvoir revenir dans notre monde afin d'asservir l'humanité tout entière (rien que ça) parce qu'ils sont super forts.
Oui, mais pas aussi fort que cette bande de trous du ... qui font mumuse.
Et puis, il faut dire aussi que ces derniers, ils sont aidés d'un "gardien" (la fausse pieuvre pouêt-pouêt qui devient une créature vraie de vraie, qui a des tentacules et qui saigne vert quand elle s'en fait arracher un ou deux...) Ah oui, il y a aussi le fantôme d'une servante décapitée qui erre à la recherche de sa tête et de ses os calcinés... et ça, ça n'est pas écrit dans le livre de jeu de rôle. Donc on peut dire que les joueurs ont vachement de pot de tomber dans une maison hantée par une gentille fantôme qui est prête à les aider. Un figurant (PNJ pour les initiés rôlistes) vachement pratique en quelque sorte.
Bref, la petite bande s'en sort indemne, parce que les vrais sorciers, quand même, depuis les siècles qu'ils attendent assis sur le bord de leur plan parallèle, ben ils ont dû vachement s'encroûter pour se faire avoir par des gamins !
Donc, à la fin, la maison elle brûle, les vilains restent là où ils étaient, et les jeunes s'en vont avant l'arrivée des pompiers.
Fin
... à non, y'a un épilogue ! Parce qu’il y a un autre abruti de MJ qui a acheté le jeu et qu'il est super impatient de le faire jouer à ses amis !
Bon, lecture sympa, même si quand même un peu bordélique dans la narration, avec des personnages un peu n'importe nawaq, des sorciers à deux balles. Mais ça se lit vite. J'aurais aimé qu'il n'y ait pas cet épilogue franchement évident et du coup vachement évitable !
En guise de conclusion, pour le plaisir de tous, voici quelques extraits qui permettent de dater ce texte à une époque où les jeux de rôles souffraient d'une réputation pas super-méga-bonne. Ah, et puis pour rire un peu, quand même :
- La plupart des filles qu'elle connaissait sortaient avec des passionnés de football. Et voilà qu'elle s'était prise d'intérêt pour un fou de jeux ésotériques".
- Alors que ses copines sautaient et hurlaient dans les gradins des stades, elle jouait à faire semblant de croire aux pouvoirs mythiques de personnages de la troisième dimension" (grande estime de la gent féminine et une incursion dans cette dimension qui nous est perceptible à tous. Peut-être voulait-il parler de la quatrième ?)
- Le garçon était tellement plongé dans l'univers fantastique de ces jeux qu'il confondait souvent ce dernier avec la réalité..." Ben tient, voilà l'argument le plus utilisé par les détracteurs de l'époque. Choisi ton camp, camarade écrivain !
Bref, un bouquin amusant, à redécouvrir par les joueurs ou les MJ qui auraient besoin de souffler entre deux campagnes de l'appel de Cthulhu ou de Donjon et Dragon.
Mais c'est pas obligé, non plus, quand même, hein !


Bruce Coville est un auteur américain né à Syracuse en 1960. On lui doit principalement des romans de science-fiction pour enfants.
Pour la collection Twilight: Where darkness begins, il a signé deux romans : l'amulette ensorcelée (dont je vous parlerai bientôt, si les vents me sont favorables) et le repaire des monstres chroniqué ici. En France, on peut aussi lire de lui la série en quatre parties Mon prof est un extra-terrestre.
Il a reçu en 2000 le prix littéraire E. E. Smith Memorial (aussi appelé prix Skylark, décerné aux auteurs ayant apporté une contribution importante à la science-fiction).

Allez, hop!, la petite couverture originale qui va bien :


Quatrième de couverture :
Derek tenta de se relever, mais un tentacule gluant s'enroula autour de ses chevilles.
« Jenny ! hurla-t-il. Aide-moi ! »
Déjà le monstre attirait le garçon vers sa gueule en émettant un horrible bruit de succion...
Les six amis avaient décidé d'organiser dans cette vieille demeure abandonnée, un sinistre jeu de rôles grandeur nature.
Mais malheur aux perdants, car la règle était formelle : « Si vous échouez, vous périrez ! »
...

Le repaire des monstres, par Bruce Coville
Hachette, collection haute tension – spectres N° 214
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Spirits and Spells, collection Twilight: Where Darkness Begins #15
Illustration de couverture : Richard Martens
Janvier 1986. 148 pages
ISBN : 9782010118470


Le repaire des monstres est ma treizième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort", "Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides", "Roses rouge sang", "Attirance", "Danse Macabre" 

dimanche 23 août 2015

Sommeil de mort, par Dale Cowan

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.




Jennie a quitté le sol américain pour rendre visite à sa correspondante Evelyn, en Écosse. Pendant un mois de vacances estivales, elle va pouvoir se dépayser et essayer d'oublier sa rupture avec Tim. Très vite, elle se sent bien auprès de la famille Macdonald, même si les photos qui ornent les murs de sa chambre exercent sur elle une forte impression. Cependant, ses nuits sont bientôt hantées par le fantôme de Fiona, princesse locale légendaire dont l'amour brisé l'a menée à une fin tragique. Mais pourquoi est-ce elle, jeune fille américaine, que le fantôme a choisi de hanter ? Et est-ce vraiment la première fois qu'elle se rend en Écosse, dans cette vie ou... dans une autre ?

Premier titre de la collection dans la série américaine originale, et deuxième chez nous, ce livre ouvre relativement bien la danse en proposant une histoire plutôt prenante, bien écrite et sans trop de fioritures. Oui, je l’accorde, c’est encore l’histoire d’une demoiselle qui vient de rompre avec son p’tit copain, et qui affronte le surnaturel. Mais cette histoire de revenante, aux arômes prononcés de Macbeth (oui, oui, celui de Shakespeare !) est quand même une bonne surprise.
Bonne surprise vraiment bienvenue, car après la lecture des deux livres précédents - sur quatre - de cette collection, je commençais à me demander si je n’allais pas jeter l’éponge (oui, déjà !) renoncer à cet objectif que je m'étais lancé il y a peu d’en relire un maximum. Cela aurait plu à ma correctrice d’épouse (qu’elle soit remerciée en passant, car vous ne le savez pas, mais la lourde charge de relire mes chroniques pour que je ne passe pas pour un horrible ignare nul en orthographe lui incombe, et elle fait un merveilleux travail), qui désapprouve mon choix de chroniquer les titres de cette collection, ce en quoi elle n'a certainement pas tort.
Bref, revenons-en à nos moutons et à Shakespeare… ou pas. Car si l’histoire implique ce qui semble être les descendants des familles Duncan et Macbeth, elle s'appuie aussi sur la revenante dont la folie, à l'instar de celle de Lady Macbeth, hante l’héroïne, la possède, la tourmente afin de faire d'elle l’outil de sa vengeance...
Le rapport avec notre bon William en restera là, car il ne faut pas non plus exagérer et essayer de trouver en ce volume une histoire shakespearienne de haute volée !
Il me faut quand même vous parler de ce petit plus dont jouit le bouquin : l’ambiance fantastique propre à l’Écosse dans laquelle baignent quasiment tous les chapitres, sans que l’auteur en fasse des tonnes. Oh, oui, certes, ce sont des stéréotypes éculés – châteaux en ruines légendaires habités par son fantôme obligatoire, paysages brumeux, ciel bas… – mais pourtant, cette atmosphère est très appréciable. Et c’est plutôt plaisant de se trouver plongé dans l’histoire sans s’en rendre vraiment compte, pour finalement fermer le livre en se disant qu’on vient de passer un agréable moment.
Et n’est-ce pas cela, finalement, le plus important ?

L'auteur semble n'avoir écrit qu'un seul autre livre, paru aux Etats-Unis dans la collection "Sweet Dreams" et intitulé "Campfire Nights"... Je  vous fais une petite traduction, un dessin, ou vous aurez compris par vous-même ?


Bonus habituel, la couverture originale qui, non contente d'être plutôt sympa, colle bien à l'histoire...


Quatrième de couverture :
Au moment où elle allait s'endormir, le plancher craqua dans le couloir, derrière sa porte. Effrayée, Jennie songea immédiatement à la prière, accrochée au mur dans son vieux cadre gothique :
" Des vampires et des fantômes,
Des bêtes aux pattes velues
Et des créatures qui rôdent dans la nuit,
Délivrez-nous, Seigneur... "
En se rendant chez son amie Evelyn en Écosse, Jennie espérait vivre un été qui ne ressemblerait à aucun autre.
Malheureusement, elle ne s'était pas trompée.


Sommeil de mort, par Dale Cowan
Hachette, collection haute tension – spectres N° 201
Traduction de Jacqueline Jude
Titre original: Deadly Sleep, collection Twilight: Where Darkness Begins #1
Illustration de couverture : Richard Martens
Avril 1985. 160 pages
ISBN : 9782010095832


Sommeil de mort est ma cinquième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces"

jeudi 2 juillet 2015

Babel 17, par Samuel Delany

J'ai Lu, 1980

États-Unis, langue anglaise, traduction langue française.


Rydra Wong, ancienne membre du chiffre et poétesse reconnue dans les mondes des cinq galaxies, se voit confier le déchiffrement d’un code qui semble impossible à pénétrer : Babel 17. Elle se rend bien vite compte qu’il ne s’agit pas d’un code, mais d’une langue à part entière. Elle, qui en maîtrise pas loin d’une dizaine – terrestres et extra-terrestres – semble cependant avoir du fil à retordre face à cette nouvelle inconnue. Elle s’embarque donc pour un voyage spatial qui, elle l’espère, l’aidera à découvrir des indices lui permettant de trouver les clés de cette langue redoutable, car utilisée par des envahisseurs avant chaque attaque vers la Terre et ses planètes.

Il y a encore quelques mois de cela, je clamais haut et fort à qui voulait bien l’entendre que je n’étais pas trop SF, même si j'ai tout de même dévoré le cycle des robots d'Isaac Asimov, l'œuvre presque intégrale de Ray Bradbury et ai sans doute lu quelques nouvelles du genre de-ci de-là dans ma prime jeunesse. On peut même pousser le vice jusqu’à inclure certains auteurs du début du siècle dernier, tel H.P. Lovecraft, dont les premières traductions en français sont parues dans la célèbre collection Présence du Futur de Denoël.
Mais mon amour pour la littérature dite fantastique, celle de l’horreur et autres histoires de fantômes, est bien plus profond, car né de la découverte d’Edgar Poe vers l’âge de dix ans et d'auteurs dont je ne dresserai pas la liste ici, de crainte qu’elle soit aussi longue qu’inutile.
Quoi qu’il en soit, je découvrais au hasard d’une chronique d’un ami (A.C. de Haenne) ce challenge Morwenna, qui proposait une liste de classiques de la SF. Ce challenge fut une sorte de déclic, un prétexte, une raison pour me plonger dans ces œuvres et parfaire ainsi ma culture dans ce genre et diable, me rendre compte à quel point c'est bien, la science-fiction !
Ainsi ai-je eu le plaisir indicible de lire jusqu’ici « Demain les chiens » et « 2001, l’odyssée de l’espace ». Ils étaient déjà sur mes étagères depuis de nombreuses années.
Pour ma troisième participation à ce challenge, je voulais lire un auteur dont je ne connaissais rien, ni le nom, ni l’œuvre. Mon choix s’est tourné vers «Babel 17 », livre trouvé au détour des rayons de mon bouquiniste préféré il y a quelques semaines.
Voilà donc qu’après cette entrée en matière indigeste et plus longue que ne le permet la raison, je vous livre mon sentiment sur cette œuvre.
L’univers de Samuel Delany est riche de descriptions pointues et précises, tant au niveau des protagonistes que des lieux, paysages et univers. C’est un véritable délice de trouvailles et un régal de lecture que de se trouver immergé dans ce monde futur, même s’il est sombre et déprimant. Les personnages sont tous dotés d'un caractère bien trempé, parfaitement exploité, que ce soit individuellement ou lors d’interaction avec les autres. Ceci pour dire que nous avons à faire là à un auteur qui maîtrise avec intelligence le processus de narration, pour nous immerger totalement dans son récit.
Il y a cependant parfois une sorte surenchère dans la description technique des actions ou des événements qui, même si elle démontre une culture imposante de la part de l’auteur, et même si elle doit certainement faire jubiler les plus matheux et les plus scientifiques d’entre nous, m’a un peu lassé et blasé. J’ai pourtant essayé de mettre en éveil tous mes neurones afin de me concentrer le plus possible, mais certains passages sont vraiment difficiles à ingérer.
Il en est d’ailleurs ainsi de la complexité du langage dont il est question dans ce livre, celui-là même qui lui donne son titre. Car il ne faut pas oublier que, derrière le côté space opera de la mission spatiale narré au fil des pages, il y a cette quête du langage, cette mission de compréhension et de déchiffrement et surtout, surtout, d’interprétation de ce qu’induit ce langage dans le comportement de ceux qui le parlent (l’enseigne), et plus encore de ceux qui l’entendent (l’apprennent) !
Et c’est là que je tire mon chapeau, bave de plaisir, et en redemande : de ce que j’ai compris (et la réserve est donc de mise), nous avons là une œuvre d’anticipation qui nous met en garde contre l’aliénation de l’individualisme face à certaines idées, mais qui nous permet aussi de nous poser la question sur l’influence que peut avoir un langage sur l’être humain quant à sa compréhension, son appréhension du monde qui l’entoure. Le déclic survient quand le personnage appelé le Boucher permet à Rydra de comprendre non pas le fonctionnement de Babel 17, mais son pouvoir et son usage. De part l'annihilation de la personnalité, de la notion du "je" mais aussi du "tu" qu'il provoque, elle réalise qu'il s'agit bien plus d'une arme que d'une langue. Je n'ai pas pu m’empêcher de transposer l'idée de la perte de ces notions sur les champs de batailles : en effet, "je" ne tire pas sur "tu", "je" ne cherche même pas à veiller sur sa propre survie. "Je" devient un élément indissociable d'un "tout" appelé une armée, ce "tout" se battant machinalement suite aux ordres donnés contre un autre "tout" appelé ennemi. Deux entités identiques qui luttent pour la même chose, sans but personnel précis, et surtout exempt de toute notion de l'individu
Ce livre qui parfois m'a ennuyé - je dois l'avouer - et pour la lecture duquel il m'a fallu beaucoup de temps, m'est devenu inévitablement un livre essentiel. L'air de rien, il m'a donné quelques clés essentielles pour aborder sous un autre angle la possibilité d'un semblant de réponse à une question que je me pose depuis de très nombreuses années : comment l'homme peut-il à ce point perdre toute notion élémentaire d'humanité quand il se trouve envoyé au front ? Comment survient cette abnégation lui permettant de tirer sur son semblable sans aucune forme de réflexion, simplement parce qu'on lui a dit que c'était un ennemi ?

En résulte, et ce sera ici ma conclusion, un livre qui se lit avec attention, qui demande parfois une concentration accrue (donc à éviter le soir après la tisane), et de ce fait remue la cervelle, ce qui fait du bien !


Samuel Ray Delany est un auteur afro-américain né à Harlem en 1942, nous apprend le net. Il est l’auteur de quelques classiques de la SF, dont Babel 17, l’intersection Einstein ou encore Nova. Il est aujourd’hui professeur d’université.


Babel 17, par Samuel Delany
J'ai lu
Traduction de Mimi Perrin
Titre original : Babel 17
Illustration couverture : Christopher Foss

4éme trimestre 1980. 284 pages
ISBN : 2277211273

http://laprophetiedesanes.blogspot.fr/

Cette chronique fait partie du challenge Morwenna's List, instigué par la prophétie des ânes.

Le challenge est terminé maintenant, mais de nombreux titres de la liste s'étant greffé à ma PàL, ce n'est pas fini pour moi !