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lundi 6 novembre 2023

Le repaire des monstres, de Bruce Coville

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Ils sont sept, ils sont jeunes, ils aiment bien se retrouver de temps en temps pour faire des parties de jeux de rôles. L'un d'entre eux, passionné, vient justement d'acquérir un jeu encore inédit, que personne n'a jamais joué. Ils se donnent alors rendez-vous dans une maison inhabitée depuis des lustres pour se mettre dans l'ambiance de ce repaire des monstres.
Mais Gerry Wyman, le maître de jeu, perd le contrôle de la partie et ils se retrouvent tous prisonniers de la maison qu'ils ne pourront quitter que s'ils arrivent à mettre la main sur des objets magiques éparpillés dans la demeure. Ils vont bientôt découvrir qu'ils ont été propulsés dans un monde parallèle, Quarmix, où attendent de vrais sorciers menés par Mornemkull, enfin à deux doigts de pouvoir lever le bannissement qui les retient prisonniers de cette dimension...

J'ai repris le jeu de rôle depuis quelques mois, ce qui a fait que je me suis plongé dans l'un des nombreux livres qui forment les montagnes hallucinantes et qui se languissaient d'être enfin considérés. Et ce livre, ça n'est pas le repaire des monstres, mais le seigneur des anneaux.
Sauf qu'un matin, bim, boum, sans crier gare, une envie soudaine s'est fait ressentir ! Celle de reprendre la lecture de cette (magnifique) collection l'heure de l'angoisse !
Du coup, j'ai trouvé amusant de retourner à cette quête de lire toute la collec' en commençant par cet emblématique repaire des monstres. J'ai donc reposé le seigneur des anneaux...
Ai-je bien fait, amis lecteurs, amies lectrices ? Lisez la suite pour le savoir !
Le début de cette histoire, c'est un peu comme l'Ancien Testament, mais version Harlequin : c'est plein de personnages, qui explique que machin sort avec bidule et que truc est amoureux d'une autre bidule mais n'ose le dire. Alors, bon, il me faut tout de même mitiger le propos, amis lecteurs, amies lectrices. Car là où la bible nous demande la lecture de dizaines de pages, il nous faut ici que trois petites pages. C'est peu. Mais comme ce sont les premières, ben on a presque envie de partir en courant ! Mais encore une fois, c'est bien de ne pas le faire...
Alors, bon, cette reprise ne s'est pas faite en grande pompe. J'aurais pu tomber mieux, comme j'aurais pu tomber bien plus mal (je vous entends au fond, à murmurer John Sinclair, vilains !). Mais avec cette couverture et un sujet pareil, j'étais obligé ! Un tentacule, une épée, des jeunes qui font un jeu de rôle grandeur nature, juste incontournable !
Car la bande d'ados se trouve très vite, à l'initiative du Maître de jeu (appelé plus couramment MJ par les initiés rôlistes), dans une demeure isolée à faire un grandeur nature. Dans la bibliothèque. Parce que toute demeure abandonnée qui se respecte se doit de posséder sa bibliothèque aux rayonnages garnis de vieux livres qui fleurent bon la magie noire (j'aurais d'ailleurs été amusé que les personnages y trouvent le Necronomicon, mais non).
Au début, le MJ, il a juste éparpillé quelques objets dans cette vieille demeure : un bracelet, une épée, un vieux bâton et une canne... et aussi un pouêt-pouêt en forme de pieuvre, pour faire peur (!). Le but de chaque groupe de joueurs étant de retrouver ces objets, car ils sont magiques (hormis le pouêt-pouêt). C'est écrit dans le livre du jeu de rôle.
Sauf que bientôt, la bande de jeunes se retrouve téléportée dans un univers parallèle et de grandeur nature, il passe à Grandeur Réalité. Chacun des personnages détient un pouvoir spécifique que chaque joueur se voit donc maîtriser réellement.
Du coup, de la cave au grenier, ils vont chercher ces objets. Et devront affronter de vrais ennemis, qu'ils sont contraints de vaincre sinon, ben, ils seront maudits.
Parce que ce jeu de rôle inédit, découvert par hasard lors d'un salon, il a été dicté au créateur par de vrais sorciers, bannis sur ce plan parallèle, pour pouvoir revenir dans notre monde afin d'asservir l'humanité tout entière (rien que ça) parce qu'ils sont super forts.
Oui, mais pas aussi fort que cette bande de trous du ... qui font mumuse.
Et puis, il faut dire aussi que ces derniers, ils sont aidés d'un "gardien" (la fausse pieuvre pouêt-pouêt qui devient une créature vraie de vraie, qui a des tentacules et qui saigne vert quand elle s'en fait arracher un ou deux...) Ah oui, il y a aussi le fantôme d'une servante décapitée qui erre à la recherche de sa tête et de ses os calcinés... et ça, ça n'est pas écrit dans le livre de jeu de rôle. Donc on peut dire que les joueurs ont vachement de pot de tomber dans une maison hantée par une gentille fantôme qui est prête à les aider. Un figurant (PNJ pour les initiés rôlistes) vachement pratique en quelque sorte.
Bref, la petite bande s'en sort indemne, parce que les vrais sorciers, quand même, depuis les siècles qu'ils attendent assis sur le bord de leur plan parallèle, ben ils ont dû vachement s'encroûter pour se faire avoir par des gamins !
Donc, à la fin, la maison elle brûle, les vilains restent là où ils étaient, et les jeunes s'en vont avant l'arrivée des pompiers.
Fin
... à non, y'a un épilogue ! Parce qu’il y a un autre abruti de MJ qui a acheté le jeu et qu'il est super impatient de le faire jouer à ses amis !
Bon, lecture sympa, même si quand même un peu bordélique dans la narration, avec des personnages un peu n'importe nawaq, des sorciers à deux balles. Mais ça se lit vite. J'aurais aimé qu'il n'y ait pas cet épilogue franchement évident et du coup vachement évitable !
En guise de conclusion, pour le plaisir de tous, voici quelques extraits qui permettent de dater ce texte à une époque où les jeux de rôles souffraient d'une réputation pas super-méga-bonne. Ah, et puis pour rire un peu, quand même :
- La plupart des filles qu'elle connaissait sortaient avec des passionnés de football. Et voilà qu'elle s'était prise d'intérêt pour un fou de jeux ésotériques".
- Alors que ses copines sautaient et hurlaient dans les gradins des stades, elle jouait à faire semblant de croire aux pouvoirs mythiques de personnages de la troisième dimension" (grande estime de la gent féminine et une incursion dans cette dimension qui nous est perceptible à tous. Peut-être voulait-il parler de la quatrième ?)
- Le garçon était tellement plongé dans l'univers fantastique de ces jeux qu'il confondait souvent ce dernier avec la réalité..." Ben tient, voilà l'argument le plus utilisé par les détracteurs de l'époque. Choisi ton camp, camarade écrivain !
Bref, un bouquin amusant, à redécouvrir par les joueurs ou les MJ qui auraient besoin de souffler entre deux campagnes de l'appel de Cthulhu ou de Donjon et Dragon.
Mais c'est pas obligé, non plus, quand même, hein !


Bruce Coville est un auteur américain né à Syracuse en 1960. On lui doit principalement des romans de science-fiction pour enfants.
Pour la collection Twilight: Where darkness begins, il a signé deux romans : l'amulette ensorcelée (dont je vous parlerai bientôt, si les vents me sont favorables) et le repaire des monstres chroniqué ici. En France, on peut aussi lire de lui la série en quatre parties Mon prof est un extra-terrestre.
Il a reçu en 2000 le prix littéraire E. E. Smith Memorial (aussi appelé prix Skylark, décerné aux auteurs ayant apporté une contribution importante à la science-fiction).

Allez, hop!, la petite couverture originale qui va bien :


Quatrième de couverture :
Derek tenta de se relever, mais un tentacule gluant s'enroula autour de ses chevilles.
« Jenny ! hurla-t-il. Aide-moi ! »
Déjà le monstre attirait le garçon vers sa gueule en émettant un horrible bruit de succion...
Les six amis avaient décidé d'organiser dans cette vieille demeure abandonnée, un sinistre jeu de rôles grandeur nature.
Mais malheur aux perdants, car la règle était formelle : « Si vous échouez, vous périrez ! »
...

Le repaire des monstres, par Bruce Coville
Hachette, collection haute tension – spectres N° 214
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Spirits and Spells, collection Twilight: Where Darkness Begins #15
Illustration de couverture : Richard Martens
Janvier 1986. 148 pages
ISBN : 9782010118470


Le repaire des monstres est ma treizième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort", "Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides", "Roses rouge sang", "Attirance", "Danse Macabre" 

vendredi 1 janvier 2021

Danse macabre, par Lou Kassem

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Nouvelle arrivée dans la région, Joan Riley vit chez ses oncle et tante dans l'antique demeure de Ferncrest, en Virginie. Pourtant habituer à souvent déménager, elle a du mal cette fois-ci à s'intégrer dans son nouveau collège. Les quolibets et regards de travers ne font que renforcer son mal être, depuis qu'elle a vu se briser ses espoirs de carrière dans la danse, suite à une terrible blessure au genou.
Cependant, le chouchou de l'équipe de football local s'intéresse bientôt à elle, et se forge entre eux une profonde amitié. Relation plus que bienvenue car Joan, dans l'immense demeure où elle réside, ressent la présence du mal, fait de mauvais rêves et pense même devenir folle quand elle croit voir les fantômes de ses rêves arpenter les escaliers en pleine journée.
Ils vont tout deux mener une enquête, sur l'histoire de Ferncrest et de ses précédents occupants, pour découvrir bientôt que les légendes macabres qui planent sur cet endroit ont des racines profondément ancrées dans la réalité.

Entre deux livres de Robert Bloch pour la rédaction d'un dossier (publié dans le numéro 102 du fanzine Présences d'Esprits) je me suis boulotté ce petit Haute Tension et soyons clair : ce bouquin est aussi bon que sa couverture est moche !
Pas de minauderies, de flirt chiant. Pas de long paragraphes inutiles ressassant une malédiction bancale. Pas de stupide introspection des personnages. Nous avons là une magnifique histoire de drame familial, de passé glauque qui marque un lieu de ses traces profondes, une intrigue captivante, une progression  de l'angoisse qui saisit l'héroïne vraiment crédible, une malédiction vraiment bien foutue, avec un méchant vraiment salaud et mauvais, qui a une vraie personnalité de méchant salaud.
Quant au dénouement, il apporte une conclusion captivante à cette histoire que j'ai eu un réel grand plaisir à dévorer.
Wow... après Attirance que j'ai trouvé génial et ce Danse Macabre excellent, je retrouve une foi absolue dans ce challenge de la relecture des Haute Tension !
Le temps est donc venu pour moi de lire un nouveau John Sinclair pour compenser (MA-SO-CHISTE, vous disais-je précédemment !).
Avez vous remarqué, braves gens, que quand un livre me plait, la chronique que j'en fais est souvent plus courte que quand j'aime moins ? 


Lou Kassem, auteure qui n'a quasiment écrie que pour la jeunesse, est née en 1931. Elle a commençait sa carrière littéraire pour distraire ses quatre filles et rencontre le succès avec un de ses premiers titres Listen for Rachel. Elle ponctue ses écrits par des lectures publiques dans les bibliothèques et les écoles.
Une importante et intéressante fiche biographique est disponible en anglais sur le site Encyclopedia.com

Allez, hop!, la petite couverture originale...


Quatrième de couverture :
Joan ouvrit le vieux livre poussiéreux. Quelques lignes étaient soulignées d'un trait d'encre pâlie par le temps.
"Des sournoises attaques du fantôme ennemi
Garde ton sommeil.
Des mauvais rêves et des terreurs de la nuit
Libère ton réveil."
Ainsi quelqu'un d'autre dans cette maison avait été la proie de rêves inquiètants.
Joan avait décidé de percer le mystère de cette demeure.
Elle n'aurait pas dû oublier que " la curiosité est un vilain défaut"...

Danse Macabre, par Lou Kassem
Hachette, collection haute tension – spectres N° 217
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Dance of Death, collection Twilight: Where Darkness Begins #19
Illustration de couverture : Jean-Jacques Vincent
Mars 1986. 152 pages
ISBN : 9782010118548


Danse macabre est ma douzième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides", "Roses rouge sang", "Attirance"

vendredi 18 décembre 2020

Attirance, par Imogen Howe

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Depuis quelques jours, Janet souffre d'horribles migraines. Et ça n'est pas à cause de n'importe quoi qu'elle a ses migraines, hein : c'est parce qu'elle est en train d'être possédée par la super jolie jeune fille qui essaye de lui piquer son copain ! Bon, en même temps, si son copain est irrésistiblement attiré par elle, c'est pas à cause de ses hormones de mâle en rut, c'est parce qu'il est lui aussi envoûté. De toute façon, tout le monde est envoûté autour de la jolie rivale.
Et si Janet est la seule à avoir des migraines, c'est parce que c'est la seule à lui résister...

Bon, sérieusement, amis lecteurs, amies lectrices... vous seriez en droit de croire que je me moque encore un peu en lisant ce qui précède, et penser que ce livre n'est qu'une énième perte de temps de lecture... pourtant, ce bouquin est sacrément bon ! Oui, oui : enfin un bon Haute Tension bien foutu, bien écrit, avec une bonne intrigue, une méchante vraiment méchante et des gentils fantômes vraiment utiles.
Sincèrement, j'ai complètement oublié que j'étais dans une de ces lectures que je me suis imposées il y a quelques temps, tellement j'ai pris plaisir à tourner les pages. Et ça n'est pas rien, quand on sait mes déceptions passées concernant les derniers ouvrages de cette série... Du coup, comme j'avais énormément apprécié Cercle infernal - écrit par la même auteure - j'ai choisi une relative tranquillité, pour ne pas dire une valeur sûre, en retournant vers elle. Et j'ai bien fait.
Je regrette d'autant plus que cette auteure n'ait pas écrit plus de romans pour cette collection, ça m'aurait permis quelques bulles d'air entre deux John Sinclair...
Il y a juste un truc que j'ai trouvé débile  - SPOIL - La méchante n'aime pas les plantes, alors quel est le moyen le plus efficace pour s'en débarrasser à la fin ? Hum ? Et bien je vous le donne en mille ... : une tisane (si, si, je vous jure : une tisane ) - FIN DU SPOIL -
Voilà, je suis tellement satisfait par cette lecture que je vais vite me replonger dans un autre Haute Tension, que je prendrais cette fois-ci au hasard...


À propos de l'auteure : après de nouvelles recherches sur le net,  je n'ai toujours pas grand chose à dire de plus sur Imogen Howe... Elle semble n'avoir que peu écrit, et c'est bien dommage. En France, on ne trouve que les deux romans publiés dans la collection Haute Tension : Attirance (Fatal Attraction) en 1982 et Cercle infernal (Vicious Circle) en 1983. 

On y va pour la jolie petite couverture originale...


Quatrième de couverture :

Au moment où Janet s'engageait dans l'escalier, elle crut entendre un bruit de pas. Elle s'immobilisa en retenant son souffle, le corps tendu par la peur.
Les lames du parquet grincèrent à nouveau puis un sifflement lugubre s'éleva dans la pénombre.
"C'est mon imagination qui me joue des tours", se dit-elle.
Janet ne pouvait se douter qu'elle était la proie d'une créature maléfique, revenue parmi les vivants pour achever une tâche sinistre ordonnée du fond des temps.

Attirance, par Imogen Howe
Hachette, collection haute tension – spectres N° 203
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Fatal Attraction, collection Twilight: Where Darkness Begins #4
Illustration de couverture : Richard Martens
Avril 1985. 156 pages
ISBN : 9782010095825


Attirance est ma onzième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides", "Roses rouge sang"



dimanche 6 décembre 2020

Roses rouge sang, par Sarah Armstrong

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.

Alors qu'elle vient d’emménager dans une nouvelle ville, après avoir bougé au grès des multiples mutations de son père, Kate a un peu de mal à s'intégrer. Un jour, elle déniche chez un brocanteur un vieux miroir qui la fascine et décide de l'acheter, éveillant ainsi la rivalité d'une de ses camarades de classe qui, elle aussi, était attirée par l'antique objet. Mais peut-être n'est-ce pas les jeunes filles qui le choisissent, mais bien le miroir qui choisit sa nouvelle propriétaire pour mieux la... posséder. Ainsi après de nombreux cauchemars et des colères incontrôlables qui éveillent en elle des envies de meurtres, Kate se retrouve soudain débarrassée du miroir et, de ce fait, de l'envoutement.
Pour elle débute alors une mission : sauver de la malédiction la nouvelle propriétaire...

Sorti de l'effroyable Le trésor des duides, j'avais envie de renouer avec un bon Haute Tension. Ce livre Roses rouge sang, outre son titre plus qu'attirant (pour pas dire presque fascinant) jouit auprès des rares lecteurs croisés sur la toile d'une réputation pas trop mauvaise (une lectrice de ce blog l'a même mentionné dans un commentaire sur la page dédiée à la collection). Succès auprès des lecteurs, sans doute, et donc certainement en tête des ventes dans cette collection, comme il fait partie des rares titres réédités par Hachette, dans la sous collection Hit Parade.
Ben... j'ai été déçu. Je ne m’attendais pas à lire un truc époustouflant au suspens insoutenable. Je ne m'attendais pas non plus à découvrir de hautes envolées littéraires. Mais j'attendais au moins une bonne intrigue, une bonne idée, un style agréable... et je n'ai pas eu tout ça. C'est loin d'être super bien écrit, c'est plein de points d'exclamation et c'est vraiment basique de chez basique au niveau possession, cauchemars et tout le tintouin. On a plein de verbiages inutiles qui remplissent parfois plusieurs pages (remplissage élémentaire pour tenir le cahier des charges, quand on a une idée si maigre qu'elle supporterait le format nouvelle et non court roman). Et puis à aucun moment on ne croit à ce qui se passe. Les héroïnes sont insignifiantes, n'ont aucune personnalité jusqu'à - SPOIL - la jeune sorcière elle même, dont on se demande bien ce qu'elle est venue foutre dans ce miroir, et qui se fait avoir d'une manière vraiment stupide - FINI, LE SPOIL - Bref, j'ai lu ce livre sans plaisir. Et c'est bien dommage, car je sais que, même si l'idée est éculée et exploitée dans maints ouvrages (la possession d'objet est quelque chose qui peut, bien maitrisée, mener à de magnifiques histoires), c'est ici bâclé et, finalement, sans intérêt.
Mais je vais persister, car j'ai déjà eu de bonnes surprises avec certains titres de cette collection. Et je sais, je sens, que le prochain sera le bon ! En vrai : il le faut.
Heureusement que ça se lit vite et puis, finalement, c'était loin d'être aussi chiant qu'un annuaire ou, pire, qu'un John Sinclair !
Au suivant...


Sarah Armstrong n'a pas sortit énormément de livres, juste une poignée. Il est cependant amusant de découvrir, alors que je fais quelques recherches sur elle pour agrémenter cette chronique, que son dernier roman The Wolves of Leninsky Park est sorti il n'y a qu'un peu plus d'un an (février 2019 pour être précis). Cela me fait donc penser qu'elle a délaissé la littérature pour ados au profit de romans adultes...

C'est devenue une coutume ici, à chaque livre Haute Tension sa couverture originale...



Quatrième de couverture :
Kate se réveilla en sursaut au milieu de la nuit. C'était la seconde fois qu'un horrible cauchemar la terrifiait à ce point.
"Que m'arrive-t-il ? se demanda-t-elle effrayée. J'ai l'impression de plus être moi-même."
Kate ne croyait pas si bien dire. Depuis le jour où elle avait fait l'acquisition de ce vieux miroir, elle vivait, sans le savoir, sous l'emprise d'une créature démoniaque qui prenait peu à peu possession de son âme.

Roses rouge sang, par Sarah Armstrong
Hachette, collection haute tension – spectres N° 205
Traduction de Jackie Landreaux
Titre original: Blood red roses, collection Twilight: Where Darkness Begins #8
Illustration de couverture : Jean-Jacques Vincent
Juin 1986. 153 pages
ISBN : 9782010108792


Roses rouge sang est ma dixième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides"




mardi 29 octobre 2019

Les fântomes du marais, par Richie Tankersley Cusick

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Meg doit laisser son petit copain et renoncer à la fête organisée par sa meilleure amie pour aller s'occuper de sa grand-tante convalescente pendant deux semaines. Sa mère est trop occupée par son travail pour pouvoir rester, son père, elle ne l'a pas beaucoup vu depuis qu'il a quitté la maison il y a dix ans .
Le pire, c'est que cette grand-tante habite une vieille maison lugubre laissée totalement à l'abandon et, comble du comble, se trouve isolée en plein milieu du bayou. Quant à la silhouette frêle et noire qu'elle aperçoit en arrivant, derrière le rideau d'une fenêtre, elle n'augure définitivement rien de foncièrement réjouissant ! D'autant que cette silhouette furtive s'avère n'être ni celle de la grand-tante, ni celle d'Esther ou de son fils Wes, deux voisins qui viennent voir la malade de temps en temps.

Dans le bayou, on circule plus facilement en barque qu'en voiture, ce qui est bien pratique pour déguiser les meurtres en accidents. Dans le bayou, les maisons sont tellement éloignées les unes des autres que s'il vous arrive un pépin (croiser un vilain docteur ou une vieille vampire) personne ne pourra venir vous aider; à moins d'être une jeune fille, d'être l'héroïne d'un Haute Tension, et que vous ne tombiez inévitablement amoureuse - malgré toute l'aversion que vous pouviez éprouver pour lui auparavant - du seul jeune homme du coin.
Donc, une histoire de vampire psychique plutôt pas mal, qui souffre peut-être de quelques longueurs et n'échappe pas à ses clichés mélo flon-flon à la con. Mais pas trop, finalement !
On devine bien vite, malgré une tentative de brouillage de piste, qui est le gentil et qui est le méchant, qui est la victime et qui est le monstre. La lecture de ce livre reste agréable cependant, sans grands moments épiques mais sans mièvreries sirupeuses qui tachent et font regretter le temps passé en ses pages.
Ah, pour les amateurs du genre, il y a bien de la sorcellerie, de l'irrationnel, une vieille tombe délabrée et vide, un chien et des serpents (comme sur la couverture)... Mais pas de fantômes, comme nous le promettait pourtant le titre !
Pour conclure, ce n'est pas - de ceux que j'ai lus pour l'instant - le titre le plus convainquant de la série... Mais c'est bien loin d'être le pire !
Au suivant...


Richie Tankersley Cusick est une auteure prolifique, qui écrit principalement des romans pour ados. Elle est surtout connue pour les novélisations de la série Buffy contre les vampires, éditées en France chez Fleuve Noir. La quasi-totalité de son œuvre flirte avec le fantastique, et Evil on the Bayou est ni plus ni moins que le premier livre de sa longue bibliographie...Photo tirée de son site officiel.

On ne change pas les bonnes traditions, voici la couverture d'origine, avec son héroïne, ses serpents et ses marais nimbés d'un inquiétant brouillard...


Quatrième de couverture :
" Mais... c'est impossible ! " s'écria Meg en se réveillant.
Elle jeta un regard désespéré vers la fenêtre qui laissait passer les derniers rayons du soleil.
" Quand je suis entrée dans cette chambre, le jour venait à peine de se lever."
Meg est venue tenir compagnie à sa grand-mère malade. Mais depuis son arrivée dans cette demeure délabrée au milieu des marais, elle sent ses forces décliner peu à peu.
Comme si une sorte de vampire se nourrissait de son énergie...

Les fantômes du marais, par R. Tankersley Cusick
Hachette, collection haute tension – spectres N° 219
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Evil on the Bayou, collection Twilight: Where Darkness Begins #21
Illustration de couverture : Jean-Jacques Vincent
Mai 1986. 155 pages
ISBN : 9782010118524


Les fantômes du marais est ma huitième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs"

dimanche 19 novembre 2017

Le bal des loups-garous, anthologie proposée par Barbara Sadoul

Denoël, Lunes d'encre, 1999

Langue anglaise, traduction langue française.

 


- Introduction de Barbara Sadoul :
L'anthologiste y fait un exposé sous forme d'historique du loup-garou, dans l'histoire de l'humanité tout comme au cinéma et, cela va de soi, en littérature. Agréable à lire, bien que succinct.

- Opération éfrit, par Poul Anderson
Un loup-garou et une sorcière partent en mission commando d'infiltration dans le camp ennemi pour essayer de neutraliser l'arme absolue qu'il est sur le point d'utiliser et qui le mènerait inéluctablement vers la victoire : un ancestral et terriblement puissant éfrit !
Sur le coup, j'avoue, j'ai eu un peu de mal avec le début de cette histoire. Propulsé d'entrée de jeu dans cet univers absolument débordant d'idées - où bon nombre des créatures du bestiaire fantastique apparaissent à contre-emploi - tout ça balancé à la face du lecteur sur trois/quatre pages, c'était un poil trop pour mon pauvre petit cerveau. Et puis finalement je me suis vite laissé embarquer dans l'histoire, m'amusant même lors de combats épiques entre lycanthropes, narrés avec une bonne dose d'hémoglobine et de chair arrachée ! Un loup garou apte à maîtriser son pouvoir et un univers décalé (peut-être un peu trop, finalement) : cela donne une bonne mise en bouche pour cet apéro dînatoire qui nourrit déjà bien le lecteur venant d'entamer le festin de ce recueil. Même si certain amuse-gueules laissent un goût d'étrangeté un peu amer...

The magazine of Fantazy et Science-Fiction - Septembre 1956
Première parution de "Operation Afreet"
- L'horreur immortelle, par Manly Wade Wellman
Un homme, malgré les avertissements d'un vieux barbu, se retrouve de nuit dans une vieille cabane au fond des bois. Sous le plancher de celle-ci, il trouve un tas de feuilles manuscrites et de coupures de presse qui lui révèlent l'histoire terrifiante d'un sergent de l'US army, criminel et non moins loup-garou...
C'est court, c'est efficace. Un peu classique, mais l’auteur réussit si bien à planter en quelques pages une telle atmosphère que subsiste à la fin l'empreinte du souvenir d'une chouette histoire.
Weird Tales  - Mai 1936
Première parution de "The Horror Undying"

- Coupable, par Stephen Laws.
Stuart, de retour d'une soirée plus que bien arrosée, se retrouve au fin fond de la cambrousse, par erreur, au milieu de nulle part. Un nulle part hanté par une bête qui le prend très vite en chasse ! Heureusement, la ferme Crowfast n'est pas loin...
Une ambiance terrible, une situation angoissante, une course poursuite trépidante et stressante, une malédiction familiale flippante pour une histoire ponctuée de petites touches d'humour qui valident l'excellence de cette nouvelle et qui, au final, fait d’elle une de mes préférées de ce recueil qui compte pourtant quelques joyaux…
Fear! #2 - Septembre / octobre 1988
Première parution de "Guilty Party"
- Le loup de Saint-Bonnot, par Seabury Quinn
Jules de Grandin et son ami Trowbridge sont invités par une amie à pendre la crémaillère dans une maison de campagne. Si tout se déroule parfaitement le vendredi et le samedi, il en est tout autrement le dimanche. La coupure d’électricité provoquée par une terrible tempête empêche toute activité, et la lassitude mène alors à l’incontournable séance de spiritisme. Inévitablement, un esprit mauvais est réveillé, et nos héros devront alors mener l’enquête pour élucider ce mystère et sauver leur peau.
J’attendais beaucoup de cette histoire, comme la couverture de Weird Tales qui l’illustre fait partie de celles qui ont titillé ma curiosité à l’époque où j’ai commencé à m’intéresser aux pulps américains. Je ne m’attendais à vrai dire pas à autant d’humour, ne connaissant pas du tout l’univers de Jules de Grandin (lacune grossière réparée et sujet que j’espère pouvoir approfondir avant longtemps). De l’humour qui n’empêche pas une enquête rondement menée et des séquences au suspens soutenu.
Weird Tales - December 1930
Couverture pour "The Wolf of St Bonnot"

- La Proie, par Roberta Lannes
La famille Wiggens vit au bout de la route du comté de Bradford dans une vieille maison. Quand Randall Buss s’y arrête un jour pour proposer ses services de bricoleur, tous y voient l'aubaine d'une proie providentielle. Tous, sauf Chelsea en qui Buss réveille d'autres pulsions animales, bien loin de l'appétit que provoque la présence d'un humain. Et bientôt, ce n'est plus ni la faim ni même la libido qui agissent, mais son cœur de louve.
Autant le sujet des remords sentimentaux a très souvent été abordé - parfois jusqu'à l’écœurement - chez les cousins vampires, autant il ne l’a été que peu de fois pour les loups-garous. À ma connaissance. Et ici, l’auteur nous propose un bel exemple de ces tourments que l’amour peut provoquer lorsqu’il s’immisce entre le prédateur et sa proie. Mais pas de méprise, c'est loin d’être badigeonné à l’eau de rose ! C’est fort, bien décrit et féroce, ce n'est pas du Twilight, hein !
The Mammoth Book of Werewolves, édité par Stephen Jones Robinson
Première parution de "Essence of the Beast
- Norne, par Lireve Monet
Depuis toute petite, Mary-Rose voue une admiration teintée de fascination sans bornes à sa tante Norne. Elle la voit souvent, jusqu'au jour où sa tante part vers la côte ouest, en compagnie d'un homme lui ressemblant étrangement, nommé M. Wolf. Les aléas de la vie, qui d’abord les ont séparées, les rassemblent pourtant et ce d’une étrange manière. Alors que Mary-Rose, devenue adulte, a réussi à se défaire de cette emprise qui lui apparaissait finalement malsaine, réalise que sa fille subit le même joug psychologique, mais bien au-delà de ce qu’elle-même a pu vivre !
Une nouvelle qui, à mon goût, traîne un peu en longueur et aurait peut-être mérité un peu de concision. Mais là où je vois de la longueur se trouve peut-être la mise en place d’un suspens qui m’aurait alors totalement échappé. Il n'en reste que cette histoire, malgré l’évidence du rôle que chacun tient et le manque de surprise qui en découle, a réussi à me tenir jusqu’au bout.
Weird Tales - Février 1936
Première parution de "Norn"

- La marque de la bête, par Kim Antieau
Malgré les avertissements du châtelain, Jean-Jacques Rieux s’est laissé entraîner par sa partie de chasse jusqu'à la fin du jour, et le voilà dans les bois à l'heure où les bêtes sauvages s’éveillent. Inévitablement il entend les hurlements d'un loup. Perdu, loin de tout, se sentant déjà condamné, il est secouru par un inconnu qui le guide dans la forêt. À sa grande surprise, il se retrouve rapidement aux portes du château dans lequel il séjourne, tandis que son sauveur, déjà, a disparu dans l’ombre du sous-bois. À l’heure du souper, il fait la rencontre de la jeune épouse de son hôte, Marie, qui lui semble bientôt être la victime d’un mariage malheureux.
Une belle histoire qui, même si elle est ponctuée d’éléments classiques qui laissent un sentiment de déjà vu, propose un beau retournement de situation final. Court, agréable à lire, efficace.
The Ultimate Werewolf - édité par Byron Preiss, David Keller, Megan Miller et John Betancourt, 1991
Première parution de "The Mark of the Beast"
- La main de la fille O'Mecca, par Howard Wandrei
C'est ce soir qu'Elof Bocak s'en va demander la main de Kate O'Mecca. Et ce soir, sur les collines du Minnesota, cette quête peut s'avérer dangereuse. À cause des chauves-souris. À causes des loups-garous. Mais surtout à cause du whiskey dont s’est imbibé Elof Bocak. 
Nous sommes ici plongés dans les tréfonds du cerveau de ce grand et fort paysan Finnois, comme nous vivons l’histoire à travers ses yeux, ces derniers étant plus souvent que de raison brouillés par l’alcool de maïs distillé localement. Cela confère à l'histoire un ton plutôt amusant, les passages où le héros est sous l’emprise de l’alcool étant magnifiquement rédigés, décrivant bien la déformation que l’ivresse provoque sur la perception du monde alentour. 
J’ai cependant trouvé la toute fin un peu décevante. Elle aurait peut-être mérité une dose bien supérieure d’hémoglobine, mais se termine sur l’évident et galvaudé jeu de mot qu’annonce (déjà !) le titre.
Weird Tales - Avril 1935
Première parution de "The hand of the O'Mecca"

- Le changement, par Ramsey Campbell
Don travaille pour les impôts. Il n'aime pas son boulot mais il en a besoin pour mettre de côté, dans le but d'acheter une maison avec son épouse. Ce qui le sauve, c'est l'écriture. Mais là où il habite, son bureau se trouve devant une grande fenêtre qui donne sur la rue, à l'emplacement même d'un arrêt d'autobus. Et ce n'est pas toujours facile pour Don de se concentrer...
Je me suis régalé avec cette histoire, rien que pour le descriptif détaillé du mal-être de l'écrivain perturbé par le moindre petit travers dans son environnement. Des gamins qui font la grimace, un couple qui se dispute, ou plus simplement son épouse qui, par besoin naturel de communiquer, lui parle, alors qu'il était sur le point de trouver la phrase parfaite, le sortant de sa bulle et annihilant ainsi toute inspiration. Plus l'histoire avance, plus le héros sombre dans cette psychose de la concentration, redoutant jusqu'au silence, lourd du rien qu'il apporte... Une histoire plus que chaudement recommandée par votre serviteur. (Oui, oui, il y a bien un loup-garou dedans ! Mais je ne peux en parler sans trop en dévoiler...).
Weird Tales - Eté 1991
Première parution de "The Change"
- Au sud d'Oregon City, par Pat Murphy
Jem, ancien trappeur comme son père, indien Cayuse par sa mère, vit désormais seul au fin fond de nulle part, à trois jours au sud d'Oregon City. Mais ce soir c'est la fête, c'est pourquoi il s'est rendu à la ville pour écluser quelques whiskeys avec ses anciens compagnons et regarder les filles danser. Il ne comprend pas les filles. Et il s'en moque. Pourtant, quand il aperçoit cette jeune femme habillée en homme, qui semble défier le monde et ses règles préconçues, il se sent attiré comme un aimant. Et sans qu'ils s'en rendent véritablement compte, ils se rapprochent l'un de l'autre avec toute la simplicité du monde...
Magnifique histoire, simple, si simple, comme devrait être le respect des autres, l'amour de son prochain, la tolérance. Simple et pourtant si magnifiquement écrite, qui se dévore avec une telle délectation qu'on regrette qu'elle ne fasse que si peu de pages, même s'il eut été difficile d'en faire plus. Une dernière histoire qui conclut brillamment cet excellent recueil. 
The Ultimate Werewolf - édité par Byron Preiss, David Keller, Megan Miller et John Betancourt, 1991
Première parution de "South of Oregon City"



Par un intelligent mélange d'époques et de genres, Barbara Sadoul nous invite par le biais de cette anthologie à un tour d'horizon de la lycanthropie littéraire. Elle m'a permis de découvrir quelques joyaux, dont certains émanant du légendaire pulp américain Weird Tales, de belles et touchantes histoires, qui montrent que ce mythe de l'homme-loup n'est pas obligatoirement lié à la barbaque sanguinolente, aux chasses sauvages et aux hurlements à la Lune. Un beau travail - mais Madame Sadoul ne nous a pas habitué à autre chose ! - que cette anthologie lupine.


Cette chronique fait partie du challenge "Lunes d'encre" proposé par le blog Les Murmures d'A.C. de Haenne V2.

Le bal des loups-garous, anthologie proposée par Barbara Sadoul
Denoël, collection Lunes d'encre n°5
Traductions : Pierre-Paul Durastanti
Illustration couverture : Jeam Tag
Octobre 1999. 288 pages. 17,80 euros
ISBN : 9782207247259

dimanche 23 août 2015

Sommeil de mort, par Dale Cowan

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.




Jennie a quitté le sol américain pour rendre visite à sa correspondante Evelyn, en Écosse. Pendant un mois de vacances estivales, elle va pouvoir se dépayser et essayer d'oublier sa rupture avec Tim. Très vite, elle se sent bien auprès de la famille Macdonald, même si les photos qui ornent les murs de sa chambre exercent sur elle une forte impression. Cependant, ses nuits sont bientôt hantées par le fantôme de Fiona, princesse locale légendaire dont l'amour brisé l'a menée à une fin tragique. Mais pourquoi est-ce elle, jeune fille américaine, que le fantôme a choisi de hanter ? Et est-ce vraiment la première fois qu'elle se rend en Écosse, dans cette vie ou... dans une autre ?

Premier titre de la collection dans la série américaine originale, et deuxième chez nous, ce livre ouvre relativement bien la danse en proposant une histoire plutôt prenante, bien écrite et sans trop de fioritures. Oui, je l’accorde, c’est encore l’histoire d’une demoiselle qui vient de rompre avec son p’tit copain, et qui affronte le surnaturel. Mais cette histoire de revenante, aux arômes prononcés de Macbeth (oui, oui, celui de Shakespeare !) est quand même une bonne surprise.
Bonne surprise vraiment bienvenue, car après la lecture des deux livres précédents - sur quatre - de cette collection, je commençais à me demander si je n’allais pas jeter l’éponge (oui, déjà !) renoncer à cet objectif que je m'étais lancé il y a peu d’en relire un maximum. Cela aurait plu à ma correctrice d’épouse (qu’elle soit remerciée en passant, car vous ne le savez pas, mais la lourde charge de relire mes chroniques pour que je ne passe pas pour un horrible ignare nul en orthographe lui incombe, et elle fait un merveilleux travail), qui désapprouve mon choix de chroniquer les titres de cette collection, ce en quoi elle n'a certainement pas tort.
Bref, revenons-en à nos moutons et à Shakespeare… ou pas. Car si l’histoire implique ce qui semble être les descendants des familles Duncan et Macbeth, elle s'appuie aussi sur la revenante dont la folie, à l'instar de celle de Lady Macbeth, hante l’héroïne, la possède, la tourmente afin de faire d'elle l’outil de sa vengeance...
Le rapport avec notre bon William en restera là, car il ne faut pas non plus exagérer et essayer de trouver en ce volume une histoire shakespearienne de haute volée !
Il me faut quand même vous parler de ce petit plus dont jouit le bouquin : l’ambiance fantastique propre à l’Écosse dans laquelle baignent quasiment tous les chapitres, sans que l’auteur en fasse des tonnes. Oh, oui, certes, ce sont des stéréotypes éculés – châteaux en ruines légendaires habités par son fantôme obligatoire, paysages brumeux, ciel bas… – mais pourtant, cette atmosphère est très appréciable. Et c’est plutôt plaisant de se trouver plongé dans l’histoire sans s’en rendre vraiment compte, pour finalement fermer le livre en se disant qu’on vient de passer un agréable moment.
Et n’est-ce pas cela, finalement, le plus important ?

L'auteur semble n'avoir écrit qu'un seul autre livre, paru aux Etats-Unis dans la collection "Sweet Dreams" et intitulé "Campfire Nights"... Je  vous fais une petite traduction, un dessin, ou vous aurez compris par vous-même ?


Bonus habituel, la couverture originale qui, non contente d'être plutôt sympa, colle bien à l'histoire...


Quatrième de couverture :
Au moment où elle allait s'endormir, le plancher craqua dans le couloir, derrière sa porte. Effrayée, Jennie songea immédiatement à la prière, accrochée au mur dans son vieux cadre gothique :
" Des vampires et des fantômes,
Des bêtes aux pattes velues
Et des créatures qui rôdent dans la nuit,
Délivrez-nous, Seigneur... "
En se rendant chez son amie Evelyn en Écosse, Jennie espérait vivre un été qui ne ressemblerait à aucun autre.
Malheureusement, elle ne s'était pas trompée.


Sommeil de mort, par Dale Cowan
Hachette, collection haute tension – spectres N° 201
Traduction de Jacqueline Jude
Titre original: Deadly Sleep, collection Twilight: Where Darkness Begins #1
Illustration de couverture : Richard Martens
Avril 1985. 160 pages
ISBN : 9782010095832


Sommeil de mort est ma cinquième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces"