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lundi 6 novembre 2023

Le repaire des monstres, de Bruce Coville

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Ils sont sept, ils sont jeunes, ils aiment bien se retrouver de temps en temps pour faire des parties de jeux de rôles. L'un d'entre eux, passionné, vient justement d'acquérir un jeu encore inédit, que personne n'a jamais joué. Ils se donnent alors rendez-vous dans une maison inhabitée depuis des lustres pour se mettre dans l'ambiance de ce repaire des monstres.
Mais Gerry Wyman, le maître de jeu, perd le contrôle de la partie et ils se retrouvent tous prisonniers de la maison qu'ils ne pourront quitter que s'ils arrivent à mettre la main sur des objets magiques éparpillés dans la demeure. Ils vont bientôt découvrir qu'ils ont été propulsés dans un monde parallèle, Quarmix, où attendent de vrais sorciers menés par Mornemkull, enfin à deux doigts de pouvoir lever le bannissement qui les retient prisonniers de cette dimension...

J'ai repris le jeu de rôle depuis quelques mois, ce qui a fait que je me suis plongé dans l'un des nombreux livres qui forment les montagnes hallucinantes et qui se languissaient d'être enfin considérés. Et ce livre, ça n'est pas le repaire des monstres, mais le seigneur des anneaux.
Sauf qu'un matin, bim, boum, sans crier gare, une envie soudaine s'est fait ressentir ! Celle de reprendre la lecture de cette (magnifique) collection l'heure de l'angoisse !
Du coup, j'ai trouvé amusant de retourner à cette quête de lire toute la collec' en commençant par cet emblématique repaire des monstres. J'ai donc reposé le seigneur des anneaux...
Ai-je bien fait, amis lecteurs, amies lectrices ? Lisez la suite pour le savoir !
Le début de cette histoire, c'est un peu comme l'Ancien Testament, mais version Harlequin : c'est plein de personnages, qui explique que machin sort avec bidule et que truc est amoureux d'une autre bidule mais n'ose le dire. Alors, bon, il me faut tout de même mitiger le propos, amis lecteurs, amies lectrices. Car là où la bible nous demande la lecture de dizaines de pages, il nous faut ici que trois petites pages. C'est peu. Mais comme ce sont les premières, ben on a presque envie de partir en courant ! Mais encore une fois, c'est bien de ne pas le faire...
Alors, bon, cette reprise ne s'est pas faite en grande pompe. J'aurais pu tomber mieux, comme j'aurais pu tomber bien plus mal (je vous entends au fond, à murmurer John Sinclair, vilains !). Mais avec cette couverture et un sujet pareil, j'étais obligé ! Un tentacule, une épée, des jeunes qui font un jeu de rôle grandeur nature, juste incontournable !
Car la bande d'ados se trouve très vite, à l'initiative du Maître de jeu (appelé plus couramment MJ par les initiés rôlistes), dans une demeure isolée à faire un grandeur nature. Dans la bibliothèque. Parce que toute demeure abandonnée qui se respecte se doit de posséder sa bibliothèque aux rayonnages garnis de vieux livres qui fleurent bon la magie noire (j'aurais d'ailleurs été amusé que les personnages y trouvent le Necronomicon, mais non).
Au début, le MJ, il a juste éparpillé quelques objets dans cette vieille demeure : un bracelet, une épée, un vieux bâton et une canne... et aussi un pouêt-pouêt en forme de pieuvre, pour faire peur (!). Le but de chaque groupe de joueurs étant de retrouver ces objets, car ils sont magiques (hormis le pouêt-pouêt). C'est écrit dans le livre du jeu de rôle.
Sauf que bientôt, la bande de jeunes se retrouve téléportée dans un univers parallèle et de grandeur nature, il passe à Grandeur Réalité. Chacun des personnages détient un pouvoir spécifique que chaque joueur se voit donc maîtriser réellement.
Du coup, de la cave au grenier, ils vont chercher ces objets. Et devront affronter de vrais ennemis, qu'ils sont contraints de vaincre sinon, ben, ils seront maudits.
Parce que ce jeu de rôle inédit, découvert par hasard lors d'un salon, il a été dicté au créateur par de vrais sorciers, bannis sur ce plan parallèle, pour pouvoir revenir dans notre monde afin d'asservir l'humanité tout entière (rien que ça) parce qu'ils sont super forts.
Oui, mais pas aussi fort que cette bande de trous du ... qui font mumuse.
Et puis, il faut dire aussi que ces derniers, ils sont aidés d'un "gardien" (la fausse pieuvre pouêt-pouêt qui devient une créature vraie de vraie, qui a des tentacules et qui saigne vert quand elle s'en fait arracher un ou deux...) Ah oui, il y a aussi le fantôme d'une servante décapitée qui erre à la recherche de sa tête et de ses os calcinés... et ça, ça n'est pas écrit dans le livre de jeu de rôle. Donc on peut dire que les joueurs ont vachement de pot de tomber dans une maison hantée par une gentille fantôme qui est prête à les aider. Un figurant (PNJ pour les initiés rôlistes) vachement pratique en quelque sorte.
Bref, la petite bande s'en sort indemne, parce que les vrais sorciers, quand même, depuis les siècles qu'ils attendent assis sur le bord de leur plan parallèle, ben ils ont dû vachement s'encroûter pour se faire avoir par des gamins !
Donc, à la fin, la maison elle brûle, les vilains restent là où ils étaient, et les jeunes s'en vont avant l'arrivée des pompiers.
Fin
... à non, y'a un épilogue ! Parce qu’il y a un autre abruti de MJ qui a acheté le jeu et qu'il est super impatient de le faire jouer à ses amis !
Bon, lecture sympa, même si quand même un peu bordélique dans la narration, avec des personnages un peu n'importe nawaq, des sorciers à deux balles. Mais ça se lit vite. J'aurais aimé qu'il n'y ait pas cet épilogue franchement évident et du coup vachement évitable !
En guise de conclusion, pour le plaisir de tous, voici quelques extraits qui permettent de dater ce texte à une époque où les jeux de rôles souffraient d'une réputation pas super-méga-bonne. Ah, et puis pour rire un peu, quand même :
- La plupart des filles qu'elle connaissait sortaient avec des passionnés de football. Et voilà qu'elle s'était prise d'intérêt pour un fou de jeux ésotériques".
- Alors que ses copines sautaient et hurlaient dans les gradins des stades, elle jouait à faire semblant de croire aux pouvoirs mythiques de personnages de la troisième dimension" (grande estime de la gent féminine et une incursion dans cette dimension qui nous est perceptible à tous. Peut-être voulait-il parler de la quatrième ?)
- Le garçon était tellement plongé dans l'univers fantastique de ces jeux qu'il confondait souvent ce dernier avec la réalité..." Ben tient, voilà l'argument le plus utilisé par les détracteurs de l'époque. Choisi ton camp, camarade écrivain !
Bref, un bouquin amusant, à redécouvrir par les joueurs ou les MJ qui auraient besoin de souffler entre deux campagnes de l'appel de Cthulhu ou de Donjon et Dragon.
Mais c'est pas obligé, non plus, quand même, hein !


Bruce Coville est un auteur américain né à Syracuse en 1960. On lui doit principalement des romans de science-fiction pour enfants.
Pour la collection Twilight: Where darkness begins, il a signé deux romans : l'amulette ensorcelée (dont je vous parlerai bientôt, si les vents me sont favorables) et le repaire des monstres chroniqué ici. En France, on peut aussi lire de lui la série en quatre parties Mon prof est un extra-terrestre.
Il a reçu en 2000 le prix littéraire E. E. Smith Memorial (aussi appelé prix Skylark, décerné aux auteurs ayant apporté une contribution importante à la science-fiction).

Allez, hop!, la petite couverture originale qui va bien :


Quatrième de couverture :
Derek tenta de se relever, mais un tentacule gluant s'enroula autour de ses chevilles.
« Jenny ! hurla-t-il. Aide-moi ! »
Déjà le monstre attirait le garçon vers sa gueule en émettant un horrible bruit de succion...
Les six amis avaient décidé d'organiser dans cette vieille demeure abandonnée, un sinistre jeu de rôles grandeur nature.
Mais malheur aux perdants, car la règle était formelle : « Si vous échouez, vous périrez ! »
...

Le repaire des monstres, par Bruce Coville
Hachette, collection haute tension – spectres N° 214
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Spirits and Spells, collection Twilight: Where Darkness Begins #15
Illustration de couverture : Richard Martens
Janvier 1986. 148 pages
ISBN : 9782010118470


Le repaire des monstres est ma treizième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort", "Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides", "Roses rouge sang", "Attirance", "Danse Macabre" 

vendredi 1 janvier 2021

Danse macabre, par Lou Kassem

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Nouvelle arrivée dans la région, Joan Riley vit chez ses oncle et tante dans l'antique demeure de Ferncrest, en Virginie. Pourtant habituer à souvent déménager, elle a du mal cette fois-ci à s'intégrer dans son nouveau collège. Les quolibets et regards de travers ne font que renforcer son mal être, depuis qu'elle a vu se briser ses espoirs de carrière dans la danse, suite à une terrible blessure au genou.
Cependant, le chouchou de l'équipe de football local s'intéresse bientôt à elle, et se forge entre eux une profonde amitié. Relation plus que bienvenue car Joan, dans l'immense demeure où elle réside, ressent la présence du mal, fait de mauvais rêves et pense même devenir folle quand elle croit voir les fantômes de ses rêves arpenter les escaliers en pleine journée.
Ils vont tout deux mener une enquête, sur l'histoire de Ferncrest et de ses précédents occupants, pour découvrir bientôt que les légendes macabres qui planent sur cet endroit ont des racines profondément ancrées dans la réalité.

Entre deux livres de Robert Bloch pour la rédaction d'un dossier (publié dans le numéro 102 du fanzine Présences d'Esprits) je me suis boulotté ce petit Haute Tension et soyons clair : ce bouquin est aussi bon que sa couverture est moche !
Pas de minauderies, de flirt chiant. Pas de long paragraphes inutiles ressassant une malédiction bancale. Pas de stupide introspection des personnages. Nous avons là une magnifique histoire de drame familial, de passé glauque qui marque un lieu de ses traces profondes, une intrigue captivante, une progression  de l'angoisse qui saisit l'héroïne vraiment crédible, une malédiction vraiment bien foutue, avec un méchant vraiment salaud et mauvais, qui a une vraie personnalité de méchant salaud.
Quant au dénouement, il apporte une conclusion captivante à cette histoire que j'ai eu un réel grand plaisir à dévorer.
Wow... après Attirance que j'ai trouvé génial et ce Danse Macabre excellent, je retrouve une foi absolue dans ce challenge de la relecture des Haute Tension !
Le temps est donc venu pour moi de lire un nouveau John Sinclair pour compenser (MA-SO-CHISTE, vous disais-je précédemment !).
Avez vous remarqué, braves gens, que quand un livre me plait, la chronique que j'en fais est souvent plus courte que quand j'aime moins ? 


Lou Kassem, auteure qui n'a quasiment écrie que pour la jeunesse, est née en 1931. Elle a commençait sa carrière littéraire pour distraire ses quatre filles et rencontre le succès avec un de ses premiers titres Listen for Rachel. Elle ponctue ses écrits par des lectures publiques dans les bibliothèques et les écoles.
Une importante et intéressante fiche biographique est disponible en anglais sur le site Encyclopedia.com

Allez, hop!, la petite couverture originale...


Quatrième de couverture :
Joan ouvrit le vieux livre poussiéreux. Quelques lignes étaient soulignées d'un trait d'encre pâlie par le temps.
"Des sournoises attaques du fantôme ennemi
Garde ton sommeil.
Des mauvais rêves et des terreurs de la nuit
Libère ton réveil."
Ainsi quelqu'un d'autre dans cette maison avait été la proie de rêves inquiètants.
Joan avait décidé de percer le mystère de cette demeure.
Elle n'aurait pas dû oublier que " la curiosité est un vilain défaut"...

Danse Macabre, par Lou Kassem
Hachette, collection haute tension – spectres N° 217
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Dance of Death, collection Twilight: Where Darkness Begins #19
Illustration de couverture : Jean-Jacques Vincent
Mars 1986. 152 pages
ISBN : 9782010118548


Danse macabre est ma douzième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs", "Les fantômes du marais", "Le trésor des druides", "Roses rouge sang", "Attirance"

mardi 29 octobre 2019

Les fântomes du marais, par Richie Tankersley Cusick

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Meg doit laisser son petit copain et renoncer à la fête organisée par sa meilleure amie pour aller s'occuper de sa grand-tante convalescente pendant deux semaines. Sa mère est trop occupée par son travail pour pouvoir rester, son père, elle ne l'a pas beaucoup vu depuis qu'il a quitté la maison il y a dix ans .
Le pire, c'est que cette grand-tante habite une vieille maison lugubre laissée totalement à l'abandon et, comble du comble, se trouve isolée en plein milieu du bayou. Quant à la silhouette frêle et noire qu'elle aperçoit en arrivant, derrière le rideau d'une fenêtre, elle n'augure définitivement rien de foncièrement réjouissant ! D'autant que cette silhouette furtive s'avère n'être ni celle de la grand-tante, ni celle d'Esther ou de son fils Wes, deux voisins qui viennent voir la malade de temps en temps.

Dans le bayou, on circule plus facilement en barque qu'en voiture, ce qui est bien pratique pour déguiser les meurtres en accidents. Dans le bayou, les maisons sont tellement éloignées les unes des autres que s'il vous arrive un pépin (croiser un vilain docteur ou une vieille vampire) personne ne pourra venir vous aider; à moins d'être une jeune fille, d'être l'héroïne d'un Haute Tension, et que vous ne tombiez inévitablement amoureuse - malgré toute l'aversion que vous pouviez éprouver pour lui auparavant - du seul jeune homme du coin.
Donc, une histoire de vampire psychique plutôt pas mal, qui souffre peut-être de quelques longueurs et n'échappe pas à ses clichés mélo flon-flon à la con. Mais pas trop, finalement !
On devine bien vite, malgré une tentative de brouillage de piste, qui est le gentil et qui est le méchant, qui est la victime et qui est le monstre. La lecture de ce livre reste agréable cependant, sans grands moments épiques mais sans mièvreries sirupeuses qui tachent et font regretter le temps passé en ses pages.
Ah, pour les amateurs du genre, il y a bien de la sorcellerie, de l'irrationnel, une vieille tombe délabrée et vide, un chien et des serpents (comme sur la couverture)... Mais pas de fantômes, comme nous le promettait pourtant le titre !
Pour conclure, ce n'est pas - de ceux que j'ai lus pour l'instant - le titre le plus convainquant de la série... Mais c'est bien loin d'être le pire !
Au suivant...


Richie Tankersley Cusick est une auteure prolifique, qui écrit principalement des romans pour ados. Elle est surtout connue pour les novélisations de la série Buffy contre les vampires, éditées en France chez Fleuve Noir. La quasi-totalité de son œuvre flirte avec le fantastique, et Evil on the Bayou est ni plus ni moins que le premier livre de sa longue bibliographie...Photo tirée de son site officiel.

On ne change pas les bonnes traditions, voici la couverture d'origine, avec son héroïne, ses serpents et ses marais nimbés d'un inquiétant brouillard...


Quatrième de couverture :
" Mais... c'est impossible ! " s'écria Meg en se réveillant.
Elle jeta un regard désespéré vers la fenêtre qui laissait passer les derniers rayons du soleil.
" Quand je suis entrée dans cette chambre, le jour venait à peine de se lever."
Meg est venue tenir compagnie à sa grand-mère malade. Mais depuis son arrivée dans cette demeure délabrée au milieu des marais, elle sent ses forces décliner peu à peu.
Comme si une sorte de vampire se nourrissait de son énergie...

Les fantômes du marais, par R. Tankersley Cusick
Hachette, collection haute tension – spectres N° 219
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Evil on the Bayou, collection Twilight: Where Darkness Begins #21
Illustration de couverture : Jean-Jacques Vincent
Mai 1986. 155 pages
ISBN : 9782010118524


Les fantômes du marais est ma huitième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs"

jeudi 30 avril 2015

Menaces, par Amanda Byron

Haute Tension, Spectres - Hachette, 1986

États-Unis, langue anglaise, traduction langue française.


Loïs est étudiante en secrétariat et rédactrice dans le journal le plus lu du campus. Elle vit avec sa mère, souvent en déplacement, et sa tante, régulièrement de garde à l’hôpital. Son petit ami, Ronnie, est un beau jeune homme blond aux yeux bleus. Il se destine à une carrière politique, et elle, indécise, à le suivre à l’Université Capitole. Sportif, Ronnie ne brille cependant pas au sein de son équipe de basket. Il en devient pourtant capitaine après quelques magouilles, et surtout un engagement qu’il prend au nom de Loïs, pour qu’elle écrive un papier favorisant un de ses copains durant des élections locales.
Quand la jeune étudiante découvre des menaces en bas de son exercice de dactylographie, elle est choquée. D’autant qu’il lui semble être elle-même la responsable de ces menaces, comme si elle les avait inscrites dans un état second. Pour Katie, sa meilleure amie, il n’y a pas de doute possible : c’est Ronnie qui par ce biais fait pression sur elle.
Mais bientôt les menaces se font plus lourdes, et Loïs va bientôt avoir la preuve que quelqu’un essaye de communiquer avec elle. Quelqu’un qui n’est pas de ce monde…

Voilà une histoire intéressante. Un jeune homme aux dents longues qui utilise sa petite amie à des fins politiques (même si cela ne dépasse pas le cadre du campus), et une jeune fille harcelée par un fantôme. Oui, plutôt alléchant, même ! Sauf que ce bouquin est chiant.
Il faut attendre plus d’une centaine de pages (oui, 100 !) pour enfin entrer dans le vif du sujet. Car jusque là, tout n'est que romance à deux sous, redites, promesses, doutes, avec de temps en temps un petit événement qui vient piquer notre curiosité.
Cent pages avant que le fantastique ne se révèle vraiment. Certes, il y avait quelques petits signes étranges – les menaces – mais pfiuuu, j’ai bien failli lâcher prise et jeter l’éponge avant la fin. S'il n’y avait eu ce challenge lancé il y a peu sur cette collection, j’aurais certainement rangé ce bouquin sur la plus haute et la moins éclairée des étagères, avant de le finir.
Mais j’ai tenu bon et je m’en félicite. Car ce livre ne fait pas que cent misérables pages. C’est donc cette étape franchie, que soudain tout se précipite.
Finies les (trop nombreuses) histoires d’amour. Nous nous trouvons plongés dans le vif du sujet, baignant dans le fantastique à peine effleuré auparavant dans ce que l’on peut désormais qualifier de longue, très longue mise en situation.
Et l’idée s’avère très bonne, voire excellente, avec un crescendo frôlant la perfection jusqu’au dénouement. Sérieusement, j’ai pris mon pied et ai été parcouru d’une réelle satisfaction quand j’ai fermé le livre. Comme quoi, la patience, le courage et la persévérance portent leurs fruits.
Au final, nous nous retrouvons avec un livre qui remplit son devoir, nous distraire en nous faisant frissonner un peu, mais qui traîne des pieds au démarrage.
Ah, petit test pour voir si vous avez bien lu ma chronique : quel est le sport pratiqué par Ronnie, le petit ami de l’héroïne ? Non, non, n’allez surtout pas chercher la réponse sur la couverture !

Concernant l’auteure, petites recherches habituelles sur le net, et voilà ce qu’il en ressort : Amanda Byron semble n'avoir écrit qu'un seul titre...

Et le bonus final, la couverture originale de l’édition américaine, qui cette fois-ci ne reprend qu’une anecdotique séquence du livre et ne révèle en rien la teneur de l’histoire (ni même le sport pratiqué par Ronnie) !

 
Quatrième de couverture :
Loïs fut parcourue d'un frisson de terreur en apercevant au bas de la page ces quelques mots dactylographiés :
" Je te hais. Prends garde ! "
Une force invisible s'était de nouveau emparée de son esprit et de ses doigts pour la forcer à taper inconsciemment des mots lourds de menace.
Loïs avait l'impression de devenir folle. Il lui fallait absolument découvrir le sens caché de ces horribles messages envoyés par un être surgi non pas du passé mais... du futur.


Menace, par Amanda Byron
Hachette, collection haute tension - spectres N° 220
Traduction de Philippe Rouard
Titre original : The Warning, collection Twilight : where darknees begins #23
Illustration couverture : Jean-Jacques Vincent

Juin 1986. 160 pages

ISBN : 9782010118517

Menaces est ma quatrième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante"

dimanche 4 janvier 2015

Le salon de l'épouvante, par Susan Blake

Haute tension, spectres - Hachette, 1986

Etats-Unis, langue anglaise, traduction langue française.


Jessica et sa mère héritent du manoir de l’oncle Harold, décédé il y a peu d’un arrêt cardiaque. Celui-ci venait d’acquérir la bâtisse et avait d’ailleurs tout juste commencé les travaux pour transformer ce lieu situé sur le front de mer en un hôtel luxueux.
Ce manoir nommé "Les Tours", du fait des deux éléments circulaires flanqués de part et d’autre de la maison, ne jouit cependant pas d’une réputation des meilleures.
En effet, il fut le théâtre d’un effroyable drame familial il y a de nombreuses décennies de cela, et semble toujours empreint du souvenir du sang versé…
Jessica, orpheline de père et vivant seule avec sa mère, a du mal à refuser la lubie de cette dernière quand elle lui annonce sa volonté de prendre le relais, et de s’investir dans les travaux pour mener à bien les projets du grand oncle.
La jeune fille se verra inévitablement devenir la victime parfaite d’hallucinations, submergée par d'horribles et récurrents cauchemars sanglants, et réveillée par les pleurs répétés qu’elle entend dans sa chambre, située en haut d’une des deux tours. Ses nerfs sont d'autant plus secoués qu'elle est hantée par la figure pâle de cette silhouette encapuchonnée qu'elle a aperçue au bord des falaises un soir de tempête.
Heureusement, elle fait la rencontre de deux jeunes hommes, embauchés pour les travaux, qui sauront la soutenir et la guider dans sa quête de vérité. Même si l’un d’entre eux semble plus intéressé par la maison que par la jeune fille.
Et qu'en est-il exactement de cette maison de poupée, découverte dans le grenier, réplique exacte de la propriété jusque dans le moindre détail mobilier ? Elle réveille bientôt toutes les attentions, pour se révéler bien plus qu’un simple jouet de petite fille…

Voilà encore une histoire d’ado qui déménage, plaquant ce qu’elle a et ceux qu’elle aime pour se rendre en un endroit sordide où elle va tout naturellement devoir affronter le surnaturel.
Ce livre est un peu ennuyeux à lire parfois, de longues séquences d’émois amoureux venant casser les tensions pourtant bien menées qu’apportent les incursions dans le fantastique. Oui, nous avons droit ici à notre surdose d’idylles d’ados, de rivalité entre jeunes gens qui se découvrent, se cherchent, se plaisent ou se craignent.
S'il y a toujours un peu de ces séquences sentimentales dans cette série - cela fait partie intégrante du cahier des charges - elles sont en général plutôt bien intégrées au récit, en filigranes. Là, le sentiment n’est que lourdeur, mal mené, mal géré, et ça m’a fatigué au bout d’un moment, me retrouvant complètement sorti du fil de l’histoire, à me demander si je n’allais pas passer à autre chose…
Il y a cependant des séquences plus qu’honorables, des situations vraiment effrayantes, mais j’ai eu le goût désagréable en refermant le livre d’un gros ratage. C’est parfois un peu biscornu, ou mal goupillé. Il y a ces excellents passages qui, soudain, se mêlent à du banal… puis ces longues pages où « elle semble fondre dans les bras de son aimé » qui me rappelle bien vite quel type de livre j’ai entre les mains. Bref, ces dérapages au beau milieu d’angoissants passages gâchent la narration, et font que j’ai été moins tenu en haleine qu’avec les précédents titres de cette collection.
Et puis cette histoire, je me dois de le dire quand même, souffre de la conclusion des plus ouate de phoque qu'il soit ! Une malheureuse tentative de fin qui appelle une suite, mais qui est une fin quand même, mais si, mais pas complétement finalement... bref...
C’est donc, pour conclure, une bonne histoire, une bonne nouvelle délayée dans de l’eau de rose pour atteindre le nombre de pages syndicales (130) de la collection.
Pas le meilleur volume que j’ai lu de cette série pour le moment (et celui que j’ai entamé depuis me fait dire que je n’ai pas encore lu le pire !), mais qui vaut quand même sincèrement l’effort qu’on l’ouvre, juste pour lire les quatre premières pages du prologue qui sont tout simplement sublimes !

À propos de l'auteur : avec Susan Blake, nous avons affaire cette fois-ci à quelqu'un qui a écrit plus de deux livres, même si la majorité de sa production fleurt bon l'eau de rose ! The Haunted Dollhouse semble donc être le seul de ses livres flirtant avec le fantastique, et au vu de la dizaine de titres publiés dans la série "Sweet Dreams", je comprends mieux la foison des passages gnangnans...


Bonus, la couverture originale, qui est encore une fois bien plus parlante. Quant au titre, il est lui même plus révélateur de la teneur de l'histoire et, je trouve, bien meilleur...




Quatrième de couverture :
Jessica et Joshua se penchèrent sur la maison de poupées :
" Tout paraît normal, observa Joshua après une rapide inspection.
— NON ! Regarde par terre dans ma chambre."
Autour du lit, s'étalait une tache de sang.
Jessica refusait d'en croire ses yeux et pourtant, cette maquette représentant le vieux manoir dans ses moindres détails allait la plonger au cœur d'une tragédie survenue il y a fort longtemps.



Le salon de l'épouvante, par Susan Blake
Hachette, collection haute tension - spectres N° 221
Traduction de Bernard Blanc et Dominique Brotot
Titre original : The Haunted Dollhouse, collection Twilight : Where Darknees Begins #22
Illustration couverture : Richard Martens

Juillet 1986. 160 pages

ISBN : 9782010118500

Le salon de l'épouvante est ma troisième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices"