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mardi 29 octobre 2019

Les fântomes du marais, par Richie Tankersley Cusick

Haute Tension, collection Spectres - Hachette

Etats-Unis, langue anglaise, traduction en langue française.


Meg doit laisser son petit copain et renoncer à la fête organisée par sa meilleure amie pour aller s'occuper de sa grand-tante convalescente pendant deux semaines. Sa mère est trop occupée par son travail pour pouvoir rester, son père, elle ne l'a pas beaucoup vu depuis qu'il a quitté la maison il y a dix ans .
Le pire, c'est que cette grand-tante habite une vieille maison lugubre laissée totalement à l'abandon et, comble du comble, se trouve isolée en plein milieu du bayou. Quant à la silhouette frêle et noire qu'elle aperçoit en arrivant, derrière le rideau d'une fenêtre, elle n'augure définitivement rien de foncièrement réjouissant ! D'autant que cette silhouette furtive s'avère n'être ni celle de la grand-tante, ni celle d'Esther ou de son fils Wes, deux voisins qui viennent voir la malade de temps en temps.

Dans le bayou, on circule plus facilement en barque qu'en voiture, ce qui est bien pratique pour déguiser les meurtres en accidents. Dans le bayou, les maisons sont tellement éloignées les unes des autres que s'il vous arrive un pépin (croiser un vilain docteur ou une vieille vampire) personne ne pourra venir vous aider; à moins d'être une jeune fille, d'être l'héroïne d'un Haute Tension, et que vous ne tombiez inévitablement amoureuse - malgré toute l'aversion que vous pouviez éprouver pour lui auparavant - du seul jeune homme du coin.
Donc, une histoire de vampire psychique plutôt pas mal, qui souffre peut-être de quelques longueurs et n'échappe pas à ses clichés mélo flon-flon à la con. Mais pas trop, finalement !
On devine bien vite, malgré une tentative de brouillage de piste, qui est le gentil et qui est le méchant, qui est la victime et qui est le monstre. La lecture de ce livre reste agréable cependant, sans grands moments épiques mais sans mièvreries sirupeuses qui tachent et font regretter le temps passé en ses pages.
Ah, pour les amateurs du genre, il y a bien de la sorcellerie, de l'irrationnel, une vieille tombe délabrée et vide, un chien et des serpents (comme sur la couverture)... Mais pas de fantômes, comme nous le promettait pourtant le titre !
Pour conclure, ce n'est pas - de ceux que j'ai lus pour l'instant - le titre le plus convainquant de la série... Mais c'est bien loin d'être le pire !
Au suivant...


Richie Tankersley Cusick est une auteure prolifique, qui écrit principalement des romans pour ados. Elle est surtout connue pour les novélisations de la série Buffy contre les vampires, éditées en France chez Fleuve Noir. La quasi-totalité de son œuvre flirte avec le fantastique, et Evil on the Bayou est ni plus ni moins que le premier livre de sa longue bibliographie...Photo tirée de son site officiel.

On ne change pas les bonnes traditions, voici la couverture d'origine, avec son héroïne, ses serpents et ses marais nimbés d'un inquiétant brouillard...


Quatrième de couverture :
" Mais... c'est impossible ! " s'écria Meg en se réveillant.
Elle jeta un regard désespéré vers la fenêtre qui laissait passer les derniers rayons du soleil.
" Quand je suis entrée dans cette chambre, le jour venait à peine de se lever."
Meg est venue tenir compagnie à sa grand-mère malade. Mais depuis son arrivée dans cette demeure délabrée au milieu des marais, elle sent ses forces décliner peu à peu.
Comme si une sorte de vampire se nourrissait de son énergie...

Les fantômes du marais, par R. Tankersley Cusick
Hachette, collection haute tension – spectres N° 219
Traduction de Philippe Rouard
Titre original: Evil on the Bayou, collection Twilight: Where Darkness Begins #21
Illustration de couverture : Jean-Jacques Vincent
Mai 1986. 155 pages
ISBN : 9782010118524


Les fantômes du marais est ma huitième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices", "le salon de l'épouvante", "Menaces", "Sommeil de mort","Vampires en pire", "La terreur des Tongs"

mardi 14 novembre 2017

L'invitée de Dracula, par Françoise-Sylvie Pauly

Denoël, Lunes d'encre, 2001

France, langue française.

 

Mina, Jonathan Harker et leur fils Quincey vivent relativement heureux, loin des tourments de l'effroyable aventure qu'ils ont affronté, même si très souvent Mina repense à la perte de sa meilleure amie Lucy, et surtout aux conditions de sa disparition.

Arthur Godalming quant à lui a épousé une française, Louise, et c'est à Whitby que le jeune couple a élu domicile.

Suite à la réception d'un courrier émanant de Van Helsing lui parlant d'un étrange tableau découvert dans des conditions très particulières, Jonathan part en Allemagne. En compagnie du docteur, ils vont mener une  enquête afin de découvrir si ce prince Transylvanien représenté d’étrange manière sur le tableau, Vlad Tepes, peut avoir un quelconque lien avec celui qui fut leur terrible ennemi : le comte Dracula.

Tandis que les besoins de l’enquête les obligent à retourner au fin fond de la Transylvanie, dans le château même où Harker a vécu de sombres heures et côtoyé la mort, Mina se rend en compagnie de son fils à Whitby, pour rendre visite à ses amis.

C'est lors d'une promenade sur les bords des falaises de cette ville magnifique qu'elle fera la connaissance d'une étrangère au charisme envoûtant qui, bientôt, la fera plonger dans une nouvelle aventure pleine de terreur et de rebondissements... 


Élaboré sur le même principe que le célèbre roman dont il fait suite - mélange de journaux intimes, correspondances et articles de presse - L'invitée de Dracula est une séquelle des plus intelligentes, dotée d'excellentes idées, que le style (les styles, devrais-je même dire, tant l'auteure sait en changer en fonction du protagoniste qu'elle fait parler ou écrire) employé nous accroche pour nous entrainer dans les méandres de ce roman vraiment captivant.

Le principe de donner une suite au roman gothique le plus populaire n'est pas nouveau, moult écrivains s'y sont frotté. Et s'il me faut n'en citer qu'un, ce sera Dacre Stoker, arrière-petit neveu de Bram Stoker qui, avec son roman Dracula l'immortel - que je n'ai toujours pas lu, haha, il va falloir remédier à ça vite fait, mon petit ! - signe la seule suite officielle autorisée et reconnue par la famille de l'auteur. Non, le principe n'est pas neuf, ni dans le fond, ni dans la forme. Mais je trouve que Françoise-Sylvie Pauly s'en sort plus que brillamment. Et pour valider le propos, je vais même prendre en exemple une petite anecdote personnelle : Dracula, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher. Pour être honnête, j'ai même trouvé le début un peu longuet (pour rester le plus poli possible, et ne pas non plus tomber dans l’excès qui me caractérise). Eh bien il en a été de même avec cette invitée de Dracula ! Les premières pages qui ouvrent le roman - c'est-à-dire le journal de Mina - m'ont un brin blasé. Mais, miracle de la littérature et récompense de la persévérance, bientôt le drame éclate, et nous versons alors dans une passionnante histoire qui nous fait voyager, comme l'avait réussi précédemment Stoker, dans une course contre la montre à travers l’Europe...Avec le recul, et dans la réflexion qu'oblige la rédaction de cette chronique, je suis même à me demander si le côté un peu léger (et du coup un peu ennuyant) du début n'est pas dû au fait, dans les deux cas, qu'il s'agit du journal de Mina, racontant son quotidien. Et que ce quotidien de femme de la fin du XIXe peut vite s'avérer barbant. Bref.

Tout le long du roman, qu'il soit amateur découvrant le genre vampirique ou le plus grand connaisseur, qu'il soit néophyte ou érudit sur l'histoire de Vlad Tepes, quelque soit donc son niveau de culture vampirique, le lecteur se régalera.La variété des styles, la richesse de la description des lieux qui nous transporte à travers ces contrées aux paysages si contrastés, l'allusion au mythe de Dracula, de Vlad Tepes, mais aussi les rapports directs à l’œuvre de Stoker, font de ce roman une belle réussite. L'historique des "fiancées" du comte, comme il est de coutume de les appeler, et l'utilisation qui en est faite par Françoise-Sylvie Pauly est simplement extraordinaire ! Outre la maitrise de son sujet, elle a su insuffler ce qui se devait pour faire de son roman un véritable moment de plaisir. Même s'il y a parfois de-ci, de-là un petit truc qui interpelle, c'est quasi un sans faute. Mais la toute fin m'a laissé perplexe, me laissant clore l'ouvrage avec ce petit "dommage" tintant dans mon crâne... Sans doute une fin qui appelle une éventuelle suite, entrouvrant ainsi la porte d'un futur tome. Mais je la trouve de ce fait que peu convaincante. Il ne faut pas cependant se méprendre : bondissez sur ce livre si vous le croisez un jour, vous ne le regretterez pas !

 

L'invitée de Dracula : ce titre est un clin d’œil à l'introduction que Bram Stoker a écrit pour son roman, retirée car jugée inutile et alourdissant le rythme, publiée à titre posthume dans un recueil de nouvelles puis ré-introduite dans les éditions les plus courantes de Dracula. Intitulée L'invité de Dracula, au masculin donc, elle est une belle entrée en matière, contant le périple d'un voyageur durant la nuit de Walpurgis, ses terreurs et la façon dont il est mystérieusement sauvé d'une mort certaine.

Dans le roman dont il est question ici, il y a bien une invitée dans le château de Dracula. Elle est même un personnage plus qu'important, car central. Sauf que là, je viens déjà d'en dire trop...


Comme beaucoup de livres couvrant les étagères de ma bibliothèque, ce roman a sa petite histoire qui - même si elle n'est pas des plus captivantes - il me plait de vous conter.

J'ai des périodes d'achats impulsifs, surtout quand il s'agit de livres. Mon épouse vous dirait que cette période se déroule toute l'année, mais j'essaye de me soigner. Au-delà de ces périodes qui couvrent ainsi mes étagères de livres - et à cause desquelles je vais devoir signer un pacte avec le diable pour devenir immortel afin de pouvoir tous les lire - je suis frappé fort souvent de regain d’intérêt pour un sujet particulier. Et celui concernant les vampires, surtout Dracula, tient sans aucun doute possible le haut du panier. Ainsi donc, lors de ces crises vampiriques, j'achète des livres (et des affiches des films de la Hammer, même si les prix prohibitifs pratiqués ces dernières années m’empêchent d'assouvir ma collectionnite aiguë dans ce domaine). Donc, un jour, il y a déjà quelques temps, je revenais de chez les bouquinistes de St Michel à Paris avec quelques ouvrages d’intérêt. Cet exemplaire de L'invitée de Dracula en faisait partie. Et - vu ce qu'il en est de l'accumulation de livres tout de même - je dois dire que je ne l'avais jamais ouvert avant ! Avant que ce Challenge Lunes d'encre ne soit lancé et que je me décide de ce fait à le lire, enfin ! Quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir en page de garde rien de moins qu'un dessin original de Pascal Croci, créateur du projet de la couverture ! Je ne peux donc que partager ce plaisir avec vous en le reproduisant ici, pour satisfaire vos yeux toujours à l'affut de belles choses...

Dédicace perdue à l'intérieure du livre...
Dédicace perdue à l'intérieure du livre...

J'ai donc essayé d'en savoir un peu plus sur lui. Et je découvre qu'il est aussi le créateur de plusieurs BDs liées aux vampires : Dracula (coécrit avec Françoise-Sylvie Pauly !), Elizabeth Bathory et Carmilla, puis tombe sur ce site internet où sont proposées des illustrations et des peintures originales, dont celle qui a servi à Benjamin Carré pour réaliser la couverture. C'est donc en partageant cette dernière que je termine cette chronique :

Peinture originale de Pascal Croci
© Pascal Croci


Cette chronique fait partie du challenge "Lunes d'encre" instigué par le blog Les Murmures d'A.C. de Haenne V2.

L'invitée de Dracula, par Françoise-Sylvie Pauly
Denoël, collection Lunes d'Encre N° 24
Illustration couverture : Benjamin Carré, d'après un dessin original de Pascal Croci

Septembre 2001. 368 pages. 20,85 euros
ISBN :9782207252239