dimanche 4 janvier 2015

La boîte aux objets perdus, par Chrystel Duchamp

Le miroir aux nouvelles, 2013

France, langue française.



De beaux tableaux
Romain n’est pas muet. Déjà solitaire, il a juste plongé dans un profond mutisme à la mort de sa sœur. Refusant tout contact avec les autres, il s’est enfermé dans une claustration absolue que seule l’arrivée d’un nouveau voisin viendra briser. Ce voisin, le narrateur de l’histoire, deviendra son seul ami, presque un grand frère qui le soutiendra et le conseillera quand il se mettra à la peinture. Car Romain est doué d’un génie macabre extraordinaire qui le mènera plus tard face à ceux qui ne veulent pas comprendre, face à la plus grande des aveugles qu’ait porté cette Terre : la justice des hommes.
En quelques pages, sous la forme d’un interrogatoire, l’auteur nous parle de la solitude, de l’amitié fraternelle entre deux personnes pourtant différentes, mais aussi de la névrose qui hante ces artistes qui trouvent leur inspiration dans les tréfonds de l’âme humaine. Et en toile de fond, la folie de l’humanité, la cupidité, et l’exploitation des plus faibles par les profiteurs. Oui, il y a tout ça en quelques pages !

Le médaillon
Le lieutenant Valorbes enquête sur des disparitions d’enfants. De fillettes pour être plus exact. Totalement par hasard, et après de longs jours, il retrouve l’une d’entre elles encore vivante, sur la route, loin du périmètre de recherche. L’équipe qui se charge de l’affaire, dont fait partie le capitaine Dumontheil, obtient alors un témoin de premier ordre en cette enfant. Le capitaine est d’autant plus impliqué qu’il est le père d’une des victimes de celui qu’ils appellent désormais « le chasseur »…
Cette nouvelle est composée de descriptions de personnages, des liens qu’ils ont avec l’enquête et de ce qui en découle. Une rapide mais efficace histoire policière, ponctuée de terreur, de tristesse et de solitude, qui nous porte vers un dénouement dont on devine rapidement la teneur, mais qui nous est si bien conté qu’on en frissonne encore quand on reste un peu plus que de raison les yeux rivés sur l’illustration qui sert de point final.

Un feutre d’or
Elle, qui était toujours en retard, ne supporte pas qu’on la fasse attendre. Elle vient d’acheter une maison, dans laquelle elle espère refaire sa vie, après ces longues années passées renfermée sur elle-même, à essayer d’oublier le drame. Même si elle sait qu’elle ne pourra jamais oublier. Même si elle sait qu’elle n’est pas coupable. Même si elle sait qu’elle n’est pas folle !
En voici encore une histoire terrible, qui nous propulse au visage l’histoire d’une femme seule, qui doit affronter les pires démons qui soient : ses souvenirs ! Elle, submergée par les remords, mais qui décide de se prendre finalement en main, pour se retrouver étouffée par les rumeurs. Car il n’est de pire solitude que celle que l’on ressent au milieu des autres…

Le fantôme et le couteau
Depuis qu’elle est toute petite, Judith pense qu’elle est un fantôme. Non. Elle sait qu’elle en est un ! Ses parents ont beau lui dire le contraire, elle en reste persuadée. Et ce sentiment ne fera que croître le jour où elle découvre qu’elle possède un don incroyable.
La solitude, encore, qui frappe, torture, étonne et inquiète, pour se déverser en flot multicolore au regard du monde qui reste aveugle. Une belle histoire qui nous impose d’ouvrir les yeux sur les fantômes qui nous entourent…

Deux coffres en bois
Perdre un parent, un père, est ce qu’il y a de plus terrible au monde. Cela peut même parfois laisser s’entrouvrir les portes de la folie aux héritiers, quand ils se déchirent devant le notaire, ou simplement quand l’un d’eux reste persuadé, même plusieurs années après le décès, qu’un magot a été caché quelque part. Laurent, la cadet de trois enfants, est de ce genre. Et depuis que le fantôme de son père lui apparaît la nuit, il a la conviction qu’un trésor se trouve dans la maison familiale, dans un coffre au couvercle gravé.
Pas de solitude pour cette histoire, mais la folie, la mort, le désespoir et la cupidité. Et les drames familiaux provoqués par ces fortunes, réelles ou supposées, laissées derrière eux par les défunts. Une histoire un brin moins captivante à mon goût, et dont j’ai deviné les ficelles bien vite (vieux briscard que je suis). Mais j’aime les histoires de fantômes, même les plus simples, même les plus évidentes. Cependant, j’en suis toujours à me demander pourquoi il n’y a que deux coffres pour trois héritiers…

La pelle
Martin n’a jamais accepté la mort de son épouse. Chaque jour, il se rend sur sa tombe avant d’aller au travail, pour y déposer quelques roses, faire le vide, et lui demander de revenir. Chaque jour, il remue la terre, car il refuse son départ. Il tient encore tellement à elle… Mais elle, tient-elle encore à lui ?
Une belle histoire d’amour fou, ou de folie amoureuse (ce qui pourrait finalement bien être la même chose !), bien ficelée, bien trouvée, bien écrite, qui réjouira tout amateur de vengeance d’outre-tombe et de vie post-mortem. Vous ne regarderez plus jamais les tombes couvertes de fleurs du même œil !

Le carnet
Depuis son plus jeune âge, Louis déteste voir la souffrance des autres. Celle de ce chat, d’abord, qu’il trouve agonisant dans son jardin. Puis celle de son père, sur son lit d’hôpital… Alors, plus tard, il semble juste, voire nécessaire, qu’il se tourne vers des études de médecine, afin de trouver le moyen de ne plus voir souffrir les autres.
Encore cette folie face à la mort, mais aussi face à la souffrance des autres. Cette histoire nous offre aussi une plongée dans le cas de conscience douloureux de voir un proche en survie, sous perfusion et oxygène. Et, en filigrane, la délicate question de l'euthanasie...

L'alliance des louves
Petite, elle aimait que sa mère lui lise des contes avant d'aller dormir. Surtout le petit chaperon rouge. Ce n'est que plus tard, et après avoir connu, aimé et été bafouée par les hommes, qu'elle réalise le sens véritable de cette histoire. Et cela ne sera malheureusement que conforté lorsqu'elle aura épousé celui qui, différent des autres, sera l'homme de sa vie...
Voici en quelques pages une belle métaphore du rapport que peuvent avoir les femmes avec les hommes. Du moins une certaine catégorie de ces derniers. Un rappel cinglant que l'homme est un loup pour l'homme (la femme ?), et qu'il est important d'écouter sa mère quand on est une enfant. D'autant que le pire prédateur s’avère souvent être celui qui est le plus affable, le plus aimant.

Ceci n'est pas une lettre
C'est une lettre poignante, une lettre qui explique tout. Un courrier qui, si jamais il le retrouve, aidera la police à comprendre le geste irréparable de Jeanne. Une lettre qui explique comment elle en est arrivé là, si vite, alors que son mari a mis plusieurs mois, voire plusieurs années, à y parvenir. Non, finalement, ceci n'est pas une lettre. Ceci est une confession poignante.
Alors que les deux précédentes nouvelles, je le confesse, m’avaient laissé un peu sur ma faim, tant les premières étaient magnifiques, voici qu’arrive cette non-lettre. Je suis resté comme en suspend, dans l'attente de la fin de ce courrier, qui n'est pas le dénouement de la nouvelle mais permet de souffler un bon coup avant de découvrir le final. Il manquait le sentiment de culpabilité au panel des souffrances humaines dans ce recueil : le voici, soutenu par cette missive d'une femme se sentant coupable des dérives de son époux. Beau. Mais terrible.

La boîte aux objets perdus
La routine au boulot, ce n'est pas drôle, surtout quand on prend soudain conscience qu'on ne comprend pas pourquoi, ni comment, on se retrouve à le faire. Alors il est parfois bon d'en parler, ne serait-ce qu'à soi-même. Cela soulage du poids mortel que la besogne parfois sale qui nous est demandée peut faire peser sur nos cœurs. Même si, dans le cas du narrateur, l'exutoire se matérialise plutôt en la collection d'objets pieusement rangés dans une petite boîte en bois...
Une nouvelle qui commence par "je fais un métier de merde" ne peut que me plaire. Bon, cela pourrait paraître un peu réducteur. D'autant que cette nouvelle, elle me plaît vraiment, et pas juste à cause de son début. Cette histoire écrite sur un ton humoristique, c'est une sorte de cerise sur le gâteau succulent que vient de nous servir l'auteur. C'est surtout le point final évident de ce recueil, conté par l'instigateur de chacune des histoires précédentes, et qui en est aussi très souvent l’inéluctable finalité. C'est la petite histoire de la routine, de celle qui raconte toutes les histoires, toutes nos histoires : celle de nos vies. Nous sommes tous un peu, parfois beaucoup, les personnages des neuf autres nouvelles. Car même si nous ne sommes pas tous des meurtriers potentiels, ni tous des aliénés en devenir, nous sommes tous des morts en sursis !

Ouvrir cette boîte aux objets perdus, c’est ouvrir une véritable boîte de Pandore. S’en échappent les pires misères de ce monde, que Chrystel Duchamp a pris soin d’y cacher : la solitude, quasi omniprésente, cette solitude qui tue ou rend fou. La folie, qui guette ou s’abat sur chacun des protagonistes, les poussant jusque dans leur dernier retranchement : la mort. La mort, celle des personnages, ou de ceux qui les entourent ou qui croisent simplement leur passage.
Il y est aussi beaucoup question de la détresse des enfants, car la folie des adultes trouve ses racines profondes dans les traumatismes de l’enfance. Et quels traumatismes ici ! Comme il est terrible de redécouvrir cette vérité élémentaire de l’influence qu’ont les événements qui peuplent nos vies dans nos premières années d’existence. Je dis que cette découverte est terrible, car les destins tragiques des enfants dans ces histoires sont comme des piqûres de rappel sur ce que l’on a pu vivre soi-même, et nous incite à porter un regard différent sur notre quotidien passé avec nos propres enfants. Cela pourrait même être une sorte de rappel à l’ordre, pour nous inviter à nous souvenir que chaque mot, chaque acte, aussi anodin qu’il puisse paraître, peut marquer à vie une personne, et changer sa façon d’être, ou d’appréhender les autres.
Mais foin de psychologie à deux sous, ce recueil de nouvelles est une belle découverte. De cette auteur, je devais à l’origine chroniquer un autre ouvrage, d’inspiration lovecraftienne : 47°9'S 126°43'W, celui qui chuchotait dans les abysses. Mais la curiosité m’a poussé à ouvrir avant cette boîte aux objets perdus, afin de goûter le style, en une sorte de mise en bouche, avant de déguster l’alléchante œuvre susmentionnée. Et j’ai adoré.
Ce sont ici dix nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, même si certaines me paraissent peut-être moins prenantes que d’autres. Cependant, qu’on ne s’y méprenne pas : ce sont de véritables uppercuts qui ne laissent pas insensible, et qui parfois même ressurgissent quelques jours plus tard, nous révélant alors le puissant impact qu’elles ont eu sur nous.

Un livre que je recommande chaudement, qui pourrait ressembler à un coup de cœur, et qui ravira tout amateur de fantastique en général et d’histoire de fantômes en particulier.
Il ne vous reste plus maintenant qu'à le commander ici.

10 questions à l'auteur :
Chrystel Duchamp m'a fait l'immense plaisir de se plier à l'exercice de la petite interview. Une première pour moi, pour les montagnes hallucinantes et, plus incroyable... pour elle aussi !


Bonjour Chrystel, merci d’avoir accepté de te plier à ce petit exercice de l’interview.
Sachant que c’est la première fois que je me lance dans cette épreuve, je ne vais avoir que des questions stupides à te poser (maintenant que cela est précisé, allons-y) :

— Comment ce recueil a-t-il été conçu : nouvelles disparates, sélectionnées et rassemblées, ou bien écrites à la suite avec ce fil conducteur déjà en tête ?
Ce sont dix nouvelles que j'ai écrites à la suite, avec le fil conducteur en tête. J'avais cette idée d'une boîte – en l'occurrence le livre – qui renfermerait des objets – les nouvelles – retraçant des tranches de vie. Je voulais montrer que certaines existences n'étaient pas si lisses et que, derrière le miroir des apparences, se cachaient de noirs destins. J'avais envie de traiter les travers de l'humain d'une façon extrême : l'infidélité, l'égoïsme, la corruption, entre autres…

— Y’ a-t-il d’autres nouvelles dans les tiroirs, et d’autres projets de recueil ?
Des dizaines d'histoires attendent dans un tiroir que je veuille bien les éditer. Un recueil de dix nouvelles « Le registre des âmes perdues » devait faire suite à « La boîte aux objets perdus ». Nous aurions suivi dix âmes, dix fantômes errant sur Terre. Mais d'autres projets sont venus – et viennent encore – perturber la sortie de ce recueil.

— Concernant ta collaboration avec Éric Barge (l’illustre illustrateur) : ses dessins influencent-ils certaines de tes histoires, ou ne travaille-t-il qu’après avoir lu tes nouvelles ?
Jusqu'à présent, Éric travaille sur les dessins après avoir lu mes textes. Il découvre l'histoire et décide quel passage il va illustrer et comment. Je ne lui donne aucune contrainte. Je lui fais entièrement confiance. Il est, par contre, complètement influencé par mon écriture car doit coller au récit. En revanche, pour notre second ouvrage « 47°9'S 126° 43'W », certains de ses dessins m'ont amenée à ré-écrire des passages. Par exemple, les sous-marins d'exploration ont été dessinés par Éric et je me suis servie de ses croquis pour les décrire dans le texte.

— Est-il possible de nous en dire plus sur ton projet actuel (je ne te demande pas s’il y en a un… j’en suis persuadé !) ?
Oui, un projet est en cours de germination ! Il s'agit d'un thriller d'anticipation. Un roman qui sera, une nouvelle fois, illustré par Éric. Nous serons projetés dans un futur proche, dans lequel des robots bien trop humanisés s'intègrent à la société.

— Peux-tu nous parler de ta maison d’éditions (Le Miroir aux Nouvelles) ?
Lorsque j'ai écrit « La boîte aux objets perdus », le but n'était pas de l'éditer ou d'être édité. Puis, quand j'ai fait lire les dix nouvelles à mon conjoint, il m'a encouragée à les proposer à des éditeurs. Étant graphiste, j'ai mis en page mon manuscrit et l'ai envoyé à une dizaine de maisons d'édition. Sans même attendre de réponse, j'ai demandé des devis pour faire imprimer une centaine d'exemplaire. Lorsque j'ai reçu les premiers refus des éditeurs, le livre était déjà prêt. En fait, je crois que je n'avais aucune envie d'être éditée. J'avais envie de garder la main, le plaisir de tout faire par moi-même. C'est comme ça que le Miroir aux Nouvelles est né.

— Une légende dit que l’on trouve toujours un peu de l’auteur dans ses écrits. Ça ne te fait pas flipper quand on sait ce que contient cette boîte pleine d’objets perdus ?
Ça me fait flipper mais ça fait surtout flipper mon entourage ! Je suis de nature très positive, souriante et joyeuse. Mes histoires sombres ont interpellé beaucoup de proches. Comment une fille comme moi peut-elle avoir des idées aussi tordues ? Il y a en effet un peu de moi dans ce versant « dark ». J'écoute beaucoup de musique mélancolique, et la musique a une influence totale sur mes écrits. Pratiquement tous mes textes sont nés suite à l'écoute d'une chanson. Et je pense, tout au fond de moi, avoir un côté très sombre. Je suis très soucieuse de mes proches, de la destinée de notre espèce, de notre société… tout ceci m'amène à être parfois très pessimiste. Ce pessimisme nourrit mon écriture. Zazie dit d'ailleurs dans la chanson « Sur toi » qu'« on n'écrit pas sur ce qu'on aime, sur ce qui ne pose pas de problème ». Je me reconnais parfaitement dans ce vers.


— Parle-nous maintenant de tes influences littéraires, de ces auteurs qui t’inspirent…
Guy de Maupassant, HP Lovecraft pour les plus classiques et Jean-Christophe Grangé plus récemment. Ils m'inspirent mais m'ont donnée, surtout, envie d'écrire.

— Quant à ton coup de cœur du moment (littéraire, musical ou autre), quel est-il ?
J'ai eu un gros coup de cœur musical pour « Kromantik » de Soley, une chanteuse Islandaise de 33 ans. Plutôt orientée folk, je viens juste de la découvrir sur cet EP de 15 minutes. Un album très sombre, très mélancolique, sans voix, avec pour seul instrument le piano. Voilà le genre de musique qui m'inspire. J'ai eu aussi un gros coup de cœur cinématographique pour « Night Call » de Dan Gilroy.


— Question subsidiaire : quelle serait pour toi l’épitaphe idéale ?
« J'ai fait tout ce que je pouvais, en étant le plus honnête possible. »


— Et comme le veut la coutume, le mot de la fin sera pour toi. Si tu as un message à laisser aux lecteurs des montagnes hallucinantes, c’est maintenant.
L'un des membres des Doors, dans le film sur leur vie intitulé « When you're strange » s'exclame : « On ne veut pas que le public nous aime. On veut seulement qu'il nous écoute. ». Je partage ce point de vue : je veux juste qu'on me lise. Je me fiche d'être connue, reconnue, aimée, adulée. C'est la dernière de mes volontés. Et je ne me reconnais pas du tout dans cette société qui promeut la célébrité. Je veux d'ailleurs encourager tous ceux qui sont portés par une passion à continuer, à persévérer, sans se soucier du nombre de fans qu'ils ont sur Facebook. Faire ce que l'on aime sans concessions, constitue le plus beau des épanouissements.



La boîte aux objets perdus, par Chrystel Duchamp
Le miroir aux nouvelles
Illustration couverture et intérieures : Eric Barge
17 juillet 2013. 176 pages. 16,90 euros.
ISBN : 9782954578804

Le salon de l'épouvante, par Susan Blake

Haute tension, spectres - Hachette, 1986

Etats-Unis, langue anglaise, traduction langue française.


Jessica et sa mère héritent du manoir de l’oncle Harold, décédé il y a peu d’un arrêt cardiaque. Celui-ci venait d’acquérir la bâtisse et avait d’ailleurs tout juste commencé les travaux pour transformer ce lieu situé sur le front de mer en un hôtel luxueux.
Ce manoir nommé "Les Tours", du fait des deux éléments circulaires flanqués de part et d’autre de la maison, ne jouit cependant pas d’une réputation des meilleures.
En effet, il fut le théâtre d’un effroyable drame familial il y a de nombreuses décennies de cela, et semble toujours empreint du souvenir du sang versé…
Jessica, orpheline de père et vivant seule avec sa mère, a du mal à refuser la lubie de cette dernière quand elle lui annonce sa volonté de prendre le relais, et de s’investir dans les travaux pour mener à bien les projets du grand oncle.
La jeune fille se verra inévitablement devenir la victime parfaite d’hallucinations, submergée par d'horribles et récurrents cauchemars sanglants, et réveillée par les pleurs répétés qu’elle entend dans sa chambre, située en haut d’une des deux tours. Ses nerfs sont d'autant plus secoués qu'elle est hantée par la figure pâle de cette silhouette encapuchonnée qu'elle a aperçue au bord des falaises un soir de tempête.
Heureusement, elle fait la rencontre de deux jeunes hommes, embauchés pour les travaux, qui sauront la soutenir et la guider dans sa quête de vérité. Même si l’un d’entre eux semble plus intéressé par la maison que par la jeune fille.
Et qu'en est-il exactement de cette maison de poupée, découverte dans le grenier, réplique exacte de la propriété jusque dans le moindre détail mobilier ? Elle réveille bientôt toutes les attentions, pour se révéler bien plus qu’un simple jouet de petite fille…

Voilà encore une histoire d’ado qui déménage, plaquant ce qu’elle a et ceux qu’elle aime pour se rendre en un endroit sordide où elle va tout naturellement devoir affronter le surnaturel.
Ce livre est un peu ennuyeux à lire parfois, de longues séquences d’émois amoureux venant casser les tensions pourtant bien menées qu’apportent les incursions dans le fantastique. Oui, nous avons droit ici à notre surdose d’idylles d’ados, de rivalité entre jeunes gens qui se découvrent, se cherchent, se plaisent ou se craignent.
S'il y a toujours un peu de ces séquences sentimentales dans cette série - cela fait partie intégrante du cahier des charges - elles sont en général plutôt bien intégrées au récit, en filigranes. Là, le sentiment n’est que lourdeur, mal mené, mal géré, et ça m’a fatigué au bout d’un moment, me retrouvant complètement sorti du fil de l’histoire, à me demander si je n’allais pas passer à autre chose…
Il y a cependant des séquences plus qu’honorables, des situations vraiment effrayantes, mais j’ai eu le goût désagréable en refermant le livre d’un gros ratage. C’est parfois un peu biscornu, ou mal goupillé. Il y a ces excellents passages qui, soudain, se mêlent à du banal… puis ces longues pages où « elle semble fondre dans les bras de son aimé » qui me rappelle bien vite quel type de livre j’ai entre les mains. Bref, ces dérapages au beau milieu d’angoissants passages gâchent la narration, et font que j’ai été moins tenu en haleine qu’avec les précédents titres de cette collection.
Et puis cette histoire, je me dois de le dire quand même, souffre de la conclusion des plus ouate de phoque qu'il soit ! Une malheureuse tentative de fin qui appelle une suite, mais qui est une fin quand même, mais si, mais pas complétement finalement... bref...
C’est donc, pour conclure, une bonne histoire, une bonne nouvelle délayée dans de l’eau de rose pour atteindre le nombre de pages syndicales (130) de la collection.
Pas le meilleur volume que j’ai lu de cette série pour le moment (et celui que j’ai entamé depuis me fait dire que je n’ai pas encore lu le pire !), mais qui vaut quand même sincèrement l’effort qu’on l’ouvre, juste pour lire les quatre premières pages du prologue qui sont tout simplement sublimes !

À propos de l'auteur : avec Susan Blake, nous avons affaire cette fois-ci à quelqu'un qui a écrit plus de deux livres, même si la majorité de sa production fleurt bon l'eau de rose ! The Haunted Dollhouse semble donc être le seul de ses livres flirtant avec le fantastique, et au vu de la dizaine de titres publiés dans la série "Sweet Dreams", je comprends mieux la foison des passages gnangnans...


Bonus, la couverture originale, qui est encore une fois bien plus parlante. Quant au titre, il est lui même plus révélateur de la teneur de l'histoire et, je trouve, bien meilleur...




Quatrième de couverture :
Jessica et Joshua se penchèrent sur la maison de poupées :
" Tout paraît normal, observa Joshua après une rapide inspection.
— NON ! Regarde par terre dans ma chambre."
Autour du lit, s'étalait une tache de sang.
Jessica refusait d'en croire ses yeux et pourtant, cette maquette représentant le vieux manoir dans ses moindres détails allait la plonger au cœur d'une tragédie survenue il y a fort longtemps.



Le salon de l'épouvante, par Susan Blake
Hachette, collection haute tension - spectres N° 221
Traduction de Bernard Blanc et Dominique Brotot
Titre original : The Haunted Dollhouse, collection Twilight : Where Darknees Begins #22
Illustration couverture : Richard Martens

Juillet 1986. 160 pages

ISBN : 9782010118500

Le salon de l'épouvante est ma troisième chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal", "La chambre aux maléfices"

lundi 24 novembre 2014

Leytonstone, par Stephen Volk

Spectral Press, 2015

Angleterre, langue anglaise.


“Leytonstone” par Stephen Volk. © Stephen Volk/Spectral Press 2014. Artwork © Ben Baldwin 2014


Fred est un petit garçon ordinaire, plutôt doué à l’école, un peu gourmand, qui vit dans la banlieue nord-est de Londres, dans le quartier de Leytonstone.
Il connaît le nom des variétés de pomme de terre par cœur, et ne rechigne pas à aider ses parents maraîchers dans leur boutique. Son père est un homme droit, et juste. Un soir, ce dernier va prendre une étrange décision. Il emmène son fils au poste de police afin qu’il y passe la nuit dans une cellule crasseuse pour lui inculquer ce qui lui paraît être le sens de la justice.
L’enfant, prostré sous une couverture puant l’urine, dans une pièce froide et minuscule, va passer des heures sombres sans sommeil à se demander quel crime il a bien pu commettre pour se retrouver dans cet endroit.
Cette nuit, loin de renforcer sa foi en la justice, ni sa foi en ses parents, va totalement déstabiliser le jeune garçon, qui posera désormais un regard différent sur ceux qui l’entourent. Cet événement s’avérera le point de départ de grands changements, pour lui comme pour ses parents.
Il portera aussi désormais un autre regard sur lui-même, chacune de ses actions devenant calculée, préméditée. Le petit Fred, lentement, va se transformer en grand Alfred… Mais ceci est une autre histoire, celle d’un maître du septième art !

Au vu du nombre de chroniques que je publie, d'aucun pourrait croire que je lis très peu. Je profite de l’espace qui m’est offert ici (je suis gentil avec moi !), pour me justifier. Il y a des livres que je ne finis pas, car ils sont barbants, mal écrits, soporifiques. Ils sont rares, mais ils sont. D'autres, captivants, me donnent envie d'écrire une chronique, mais je ne trouve finalement que très peu de choses à dire à leur propos une fois que je me trouve devant mon ordinateur. Puis il y a ceux, à l'inverse, qui ne m'inspirent rien du tout, ni passion, ni envie de partage. Et il y a enfin ceux que vous pouvez découvrir ici.
Les ouvrages édités par Spectral Press font invariablement partie de cette dernière catégorie !
Quand, il y a quelques années, je découvrais cette petite maison  d'édition, je fus en premier lieu attiré par le logo... Cela peut paraître idiot (d'autant qu'il ne figure pas sur la couverture du présent ouvrage), mais j'étais à l'époque aux prémices de ma propre envie de monter une micro maison d'édition, et le travail qu'effectuait déjà Simon Marshall-Jones était la projection exacte de la qualité dont je rêvais. Il n'avait à l'époque édité que deux ou trois chapbooks, petits livres de quelques pages ne comprenant qu'une seule nouvelle. Mais tout y était déjà : la qualité des histoires, celle du papier, ce principe du tirage limité à cent exemplaires signés par les auteurs, qui  apporte à leurs heureux possesseurs l'idée de détenir un objet rare et  précieux… et un excellent logo !
Depuis, Simon a confirmé ce qu'il ne laissait qu'entrevoir à l'époque : un homme de goût qui sait parfaitement mener sa barque, et nous entraîne à chaque publication dans les univers très personnels des auteurs qu'il choisit de publier, dans un format toujours de qualité... J'ai d'ailleurs déjà eu l'occasion, alors que le nombre de publications de ce blog est faible, de vous parler à deux reprises de ses livres : pour Still life, de Tim Lebbon, mais aussi et surtout pour Whitstable de Stephen Volk. Stephen Volk, oui, cet auteur responsable du livre dont je ne vais pas tarder à vous parler plus amplement, et qui fait que je martyrise mon clavier sous une frappe continue aujourd'hui... Cet auteur dont la lecture de l’œuvre, il y a un peu plus d'un an, m'a donné envie de créer ce blog, afin de partager avec vous mes coups de cœur ! Ni plus, ni moins !
Après nous avoir conté l'histoire d'un Peter Cushing vieillissant, meurtri par la solitude suivant la mort de son épouse, Stephen Volk nous invite cette fois-ci à rencontrer un tout jeune Alfred Hitchcock faisant face de façon brutale aux affres de la fin de l'innocence de l'enfance.
Cette histoire, comme on l'a vu, débute donc par cette anecdote devenue légendaire dans la vie d'Hitchcock lorsque le père l'amena passer une nuit au poste, afin qu'il comprenne les conséquences qu'un acte criminel peut engendrer... Nuit terrible qui, sous la plume de l’auteur, devient le terreau d'un véritable traumatisme, une obnubilation de chaque instant, qui accompagnera l'enfant, puis l'adulte, tout au long de sa vie.
De cet événement qui semble anecdotique, voire amusant quand il est conté de la bouche même du grand Alfred Hitchcock, l'auteur en  fait le déclencheur de ce que son personnage va petit à petit découvrir de sa propre personnalité. Il s'agit bien d'un traumatisme, une porte ouverte avec fracas sur le monde, un passage imposé à l'enfant qui le mènera vers l'homme qu'il va devenir, pour le conduire au statut de maître incontesté du suspens qu'il sera et restera à jamais.
Outre les nombreux clins d'yeux à son œuvre cinématographique que l'on y découvre, il y a ce sentiment fort, et cette thématique quasi omniprésente, du faux coupable condamné injustement, qui ne comprend pas comment sa vie a basculé si soudainement dans le cauchemar, et qui parsèmera la quasi-totalité de l’œuvre hitchcockienne. Cet enfant, qui travaille bien à l'école et aide ses parents dans leur boutique, pourquoi se retrouve-t-il soudain en prison, amené par son propre père ? Il sait qu'il n'a commis aucun crime. Mais est-il vraiment innocent ? On ne se retrouve pas gratuitement dans une cellule sordide, à pleurer et appeler sa mère toute une nuit. Il a fait quelque chose de grave. Il en est persuadé. Mais il ne saura jamais quoi ! Et ce sentiment de culpabilité, doublé de la certitude d'être condamné injustement, va désormais le poursuivre, et ce durant toute sa vie...
L'innocent écolier va alors chercher. Chercher à comprendre la peur, mais aussi le plaisir que peut ressentir un criminel. Chercher à trouver les motivations inspirées par le mal, pour pousser ainsi un être humain à commettre un crime. Et ses propres expériences, désormais, qu'elles soient celles de jeux interdits avec ses camarades, ou ses découvertes personnelles,  vont forger son caractère en pleine mutation. Il deviendra tortionnaire, menteur, irrespectueux envers ceux qui l'entourent, tout spécialement les filles. La fille, qui deviendra son cobaye, sa victime.
C'est précisément ce dernier point qui m'a interloqué, même si d'autres passages m'ont plus profondément dérangé.
Il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici d’une œuvre de fiction. Certes, Stephen Volk use d'une personne connue et reconnue pour écrire son histoire. Et il aurait pu se perdre dans des idées saugrenues, ou se fourvoyer en voulant trop en faire. Mais c’est avec justesse qu’il distille les traits de caractère du géant que l’on connaît, dans la peau de ce petit garçon solitaire, intelligent, observateur, cynique au point d’en être presque misanthrope. L’exemple le plus flagrant, et le plus exploité, vient donc de ce peu de respect envers les femmes que témoignait, paraît-il, Alfred Hitchcock. Il est de notoriété publique qu’il avait des mots très durs pour ses acteurs, mais surtout envers ses actrices. S'il a eu le propos malheureux de qualifier ses comédiens de "bétail", et si plusieurs anecdotes de tournage ont été rapportées dans la presse par certaines de ses interprètes, il est bon de dire que celui qui entretenait le plus cette image était Alfred Hitchcock luimême. Par besoin sans doute  d'entretenir la légende le concernant.
Je trouve donc intéressant de voir ce qu'en a fait l'auteur du présent ouvrage. Car certains passages dérangent. Certaines actions du jeune Fred, comme il est appelé dans le récit, semblent incompatibles avec ce que l’on sait du personnage dont il est sensé nous raconter l'histoire. Pourtant, et il m'a fallu une poignée de jours de maturation pour le comprendre, ces événements alimentent à leur façon la légende Hitchcockienne. Je ne peux cacher, cependant, qu'il y a une séquence particulière de ce livre qui m'a fortement dérangé. Elle implique la mère du jeune garçon, qui se retrouve dans une situation terrible par sa faute, et je ne comprends toujours pas pourquoi cela se produit. Peut-être est-ce un outil pour tenter de noircir encore plus la fin  de l'histoire... Si certains d'entre vous lisent ce livre (et j'espère que ce sera le cas), j'aimerais sincèrement avoir votre sentiment sur la question...
Il reste que Leytonstone est un excellent livre, et qu'il est vraiment difficile de le lâcher pour servir les obligations quotidiennes. Stephen Volk est doué d'une écriture vraiment personnelle, parfois poétique, parfois dure et cruelle, mais toujours servie avec justesse de ton et sensibilité, qui nous permet de plonger dans cette histoire qui, je le confesse, ne laisse vraiment pas indifférent !
Il me tarde donc de le retrouver pour le troisième et dernier ouvrage qu'il consacrera à un nouveau maître du septième art, trilogie amorcée avec Whistable, et continuée avec maestria dans Leytonstone que je vous invite à lire dès sa sortie !
Les plus perspicaces d’entre vous l'auront remarqué : la date prévisionnelle de sortie pour ce livre est bien mars 2015 !
Cela semble un privilège, et que Simon en soit grandement remercié à  nouveau : la rédaction de la présente chronique n’a été possible que grâce à l'envoi du texte en preview, ce qui explique pourquoi certains renseignements restant encore inconnus au moment où j’écris ces mots n'ont pu être indiqués plus bas...
En attendant, vous pouvez toujours réserver votre exemplaire ici, et si ce n'est déjà fait, acquérir Whistable ou tout autre livre de cet excellent éditeur là !

Leytonstone, par Stephen Volk.
Spectral Press, collection "Visions" .
Mars 2015. Nombre de pages inconnu
Illustration de couverture: Ben Baldwin.

ISBN: (édition brochée - Collector - Ebook) inconnu.

jeudi 13 novembre 2014

La chambre aux maléfices, par J. Patton Smith

Haute tension, spectres - Hachette, 1985

États-Unis, langue anglaise, traduction langue française.



Lisa Emery, jeune fille de 16 ans, voit ses parents se déchirer jour après jour.
C’est pourquoi sa mère décide de l’envoyer vivre chez une grand-tante qu’elle connaît à peine, mais qui est le dernier membre de la famille susceptible de pouvoir accueillir sa fille. Un moyen pour les parents de faire le point, et de picoler tranquille loin du regard de leur enfant.
Laissant derrière elle ses amis et ses souvenirs d’enfance, Lisa arrive dans la froide et lugubre maison de sa grand-tante Nikki, où elle loge dans la chambre de bonne, non loin de la cuisine. C’est que la maison est grande, et seules trois pièces sont chauffées… Sa chambre a cependant la particularité de donner sur la maison voisine, et c’est à l’une des fenêtres de cette bâtisse tout aussi lugubre qu’elle aperçoit la silhouette d’une fille de son âge, qui bientôt lui fait signe de la rejoindre.
Ainsi fait elle la connaissance de Marie Worthington, qui a l’air un peu fofolle, et dont les goûts musicaux tant que cinématographiques sont absolument désuets, hors du temps. Mais très vite elles se lient d’amitié, malgré l’interdiction formelle promulguée par sa grand-tante de se rendre dans cette maison qu’elle prétend habitée par un vieux fou.
Elle fait aussi la connaissance de Greg, un jeune homme du coin, qui va lui raconter le drame vécu par la famille Worthington il y a plusieurs décennies de cela.
De plus, Lisa découvre bientôt la vraie personnalité du vieux fou d’à côté, qui lui raconte sa version des faits, et lui fait prendre conscience des esprits qui hantent les lieux…
À son corps défendant, Lisa se retrouve alors transportée dans le temps, pour revivre inlassablement cette date fatidique du drame. Cela lui permettra finalement de venir en aide à sa nouvelle amie, de découvrir le coupable, de libérer les âmes prisonnières du temps, et soulager les lieux de ses terribles souvenirs… et ainsi se réconcilier avec sa grand-tante Nikki, avec qui elle n’avait eu jusque là que des rapports conflictuels.

La lecture de ce volume est plus qu’agréable. Certes, le texte souffre parfois de maladresses, mais l’histoire est tellement prenante – même si on devine très rapidement qui tient le rôle des vivants et celui des… morts – qu’on fait très vite abstraction de ces faiblesses.
Il y a un petit paragraphe qui revient souvent, comme une rengaine, ou plutôt un leitmotiv. Même s’il est d’un ton plutôt joyeux, il confère à cette histoire une certaine mélancolie, glissant vers une tristesse absolue à mesure qu'on avance dans le récit. Et je trouve ce procédé plutôt bienvenu dans ce genre de littérature.
Autre point positif : le coupable reste inconnu jusqu’à la fin, et des petits passages ambigus, placés au bon moment, viennent semer le doute de façon magistrale quand on pense avoir compris. Ce qui fait qu’on se laisse mener ainsi au bout sans s’en rendre compte…
Bien, basiquement, nous avons à faire ici à une histoire de fantôme et de possession somme toute assez classique. Mais encore une fois, la narration bien menée sait nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Et comme j’adore les histoires de fantôme et d’âmes maudites, j’ai beaucoup aimé !
Alors oublions un instant les canons littéraires, ainsi que le type de lectorat visé par cette collection : nous avons ici un livre plutôt bien écrit, une intrigue rondement menée, pour un moment de lecture plaisant qui laisse de bons souvenirs. Et je pense, ma mémoire étant parfois soumise à des soubresauts de vaillance, que ce titre faisait partie de ceux que j’avais lus dans ma jeunesse, et qu’il m’avait déjà laissée une petite empreinte plutôt positive.
Au-delà du drame, noyau de ce récit, il y a aussi et surtout une vengeance et un amour hors du temps, qui viennent étoffer une histoire dont on a du mal à se sortir, pour passer aux frivolités futiles de la vie réelle…

A propos de l'auteur, et bien pas grand chose à dire une fois de plus, seulement qu'elle semble n'avoir écrit qu'un seul autre livre, inédit en France, The Ghost in the Swing en 1973...

Bonus, la couverture originale qui en dit bien plus sur le contenu du livre que la couverture française... :

Quatrième de couverture :
En gravissant lentement les marches du perron, Lisa songea soudain aux paroles angoissées de sa tante :
 "La maison d'en face est habitée par un vieux fou solitaire et dangereux. Surtout, ne t'en approche jamais. JAMAIS !"
Poussée par une force obscure, Lisa franchit néanmoins le seuil de la sinistre demeure.
Elle s'apprêtait à faire un inquiétant voyage dans le passé, au risque de ne jamais en revenir...



La chambre aux maléfices, par Janet Patton Smith
Hachette, collection haute tension - spectres N° 213
Traduction de Philippe Rouard
Titre original : The Twisted Room, collection Twilight : where darknees begins #12
Illustration couverture : Jean-Jacques Vincent

Novembre 1985. 160 pages

ISBN : 9782010113246

La chambre aux maléfices est ma seconde chronique pour la collection "Haute Tension" .
Lire aussi : "Cercle infernal"